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Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Je dois vous avouer que je reste ébahi par ce qu’il se passe et par la folie qui semble s’emparer de plus en plus de gens, jusqu’à nos mamamouchis mamamouchant qui ne savent plus à quel saint se vouer. Il faut dire qu’il sont peu sujets aux croyances, à la spiritualité ou encore sensible à la présence de Dieu.

Lorsque le monde s’effondre et je parle de celui des magasins, des supermarchés et des temples de la consommation qui eux peuvent rester ouverts alors que les églises, les mosquées ou les synagogues elles restent fermées. Les infectés au totalitarisme marchand, à la consommation de base s’enfoncent dans une forme de folie.

Ils bouclent.

Ils tournent en rond.

Ainsi hier, je suis parti d’une véritable information « un fauteuil sur deux dans le métro » pour rigoler un peu de cette folie dans la réflexion et la fin de tout bon sens. J’ai donc imaginé un train avec un wagon sur deux… c’était une blague pas une information;

Aujourd’hui, le ministre Blanquer ce qui est une information, a déclaré que faire des demi-journées d’école n’avait aucun sens. C’est pour cette raison qu’il a décidé que l’on ferait des demi-classes sur des demi-quinzaines… alors qu’un nouveau syndrome terrible apparaît et touche les enfants.

Je voulais gloser avec vous de manière badine sur ce sujet quand je suis tombé sur LA véritable information de ce 44ème jour de confinement.

C’est un article, oui, oui, sérieux, si, si du Nouvel Obs intitulé…

Et si on profitait de ce confinement pour réfléchir vraiment à l’autofellation ?

Oui-oui.

Ce n’est pas une blague, je vous fais une copie d’écran pour le croire et vous donne évidemment le lien pour aller vérifier par vous-même ce sujet de la plus haute importance (il faut cliquer sur la photo)

Comme vous le savez nous vivons collectivement une période de confinement, ce qui implique que ma chère et tendre épouse est souvent à mes côtés dans notre bureau partagé.

Je ne peux évidemment m’empêcher de lui désigner l’écran de mon ordinateur pour qu’elle lise cet article.

Je vous le donne en 1 000… elle me regarde et elle qui connaît ma souplesse légendaire me dit d’une façon lapidaire pour clore le débat et toute velléité salace potentielle de ma part « alors là tu n’es pas prêt de réussir une telle prouesse »… La pudeur m’incite à ne pas vous en révéler plus quant à la teneur de nos échanges laissant chacun à sa propre imagination.

Mais je peux vous dévoiler les premières lignes de ce chef d’oeuvre journalistique du mois d’avril de l’an de grâce 2020 qui traite d’un sujet fondamental dans la lutte contre une pandémie qui met à bas notre économie comme chacun le sait.

« Tout se passe bien pour Al Eingang. Confiné chez lui à Philadelphie, de manière « assez stricte », ses amis lui manquent bien sûr mais il « s’auto-suce » comme d’habitude.

Un peu plus souvent peut-être, concède-t-il, avant d’ajouter que la solitude ne lui pèse pas vraiment. Et parce qu’il a le sens de l’humour, il résume tout ça en une blague. Je suis quelqu’un de plutôt content tout seul comme vous pouvez l’imaginer ! »

A 60 ans, cet homme qu’on pourrait sauvagement désigner comme le spécialiste de l’autofellation dans le monde – puisqu’il tient « solosuck.com », le site le plus fourni à ce sujet – modère sa pratique surtout pour des raisons de santé. Il n’a plus 20 ans et doit donc être « bien plus prudent » pour ne pas se blesser en se contorsionnant »… Je vous épargne le reste.

Vous allez me dire mais « Charles, pourquoi nous parler « d’autofellation ».

Pour deux raisons.

La première est orthographique.

Je me demande si on doit écrire auto-fellation avec un trait d’union ou en un seul mot autofellation ? 

Qu’en pensez-vous ?

Parce que si dans la France de 2020 le Nouvel Obs sur son site se perd avec ce genre d’article je pense que l’on peut perdre le notre en conjectures orthographiques, mais vous l’aurez compris, ceci est du second degré, et en réalité ce n’est pas important.

Non, ce qui est important c’est cette vibration générale assez inquiétante.

Philippe, surnommé le 102ème dalmatien par les mauvaises langues du Palais Bourbon, disait hier qu’il fallait éviter « l’écroulement de notre économie »;

Mais il n’y a pas que l’écroulement de notre économie qui soit inquiétant.

Il y a aussi une forme d’écroulement psychique, certainement plus inquiétant à vrai dire et ce genre d’article sur l’autofellation avec ou sans trait d’union, matérialise en ce 44ème jour de confinement, une dérive de l’état de santé mental de certain.

Ce pays sombre.

Ce n’est pas nouveau.

Il sombre hier comme aujourd’hui parce qu’il ne croit plus en rien.

Ni en lui, ni aux hommes, ni au ciel.

Cela se voit encore plus maintenant.

Le calme du beau temps masque les manques et les esprits peuvent se remplir de peu.

Lorsque la tempête se lève, le shopping reprend naturellement la place insignifiante qu’est la sienne et la hiérarchie des choses reprend son ordre naturel bien embêtant pour nos aimables progressistes qui perdent pieds dans ce monde de réalité, qui ne peut plus être fantasmé.

Lorsque l’orage gronde et qu’il faut affronter le gros temps, il faut être capable de croire en soi, de croire aux hommes et de croire au ciel.

Le contraste est saisissant.

L’ultime solution n’est donc pas l’autofellation, mais de croire en nous, aux autres et au ciel.

Charles SANNAT

« Ceci est un article « presslib » et sans droit voisin, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source : Insolentiae

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