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La crèche est installée en mairie depuis le début du mois de décembre. - Midi Libre / ANTONIA JIMENEZ
Elle a annoncé samedi qu’elle allait lancer un recours.

L’État a décidé de ne pas aller en référé. Mais eux ne comptent pas en rester là. Le groupe biterrois de la Libre pensée, soutenu par le mouvement pour la paix, l’association biterroise France Algérie, le syndicat Solidaires ainsi que les conseillers municipaux Aimé Couquet (PC) et Jean-Michel Du Plaa (PS), a décidé d’attaquer la crèche installée par Robert Ménard dans la mairie de Béziers devant le tribunal administratif, comme elle l’avait déjà fait, avec succès, en 2016.

« On demande le retrait à la Ville qui a déjà été condamnée quatre fois pour ce sujet, explique Christophe Benoît, de la Libre pensée biterroise. C’est un viol répété de la loi de la séparation des Églises et de l’État de 1905. »

« À partir du moment où c’est une crèche de la Nativité et que le maire de Béziers a invité des représentants des cultes à l’inauguration, il y a une connotation religieuse. »

Ce groupe a été reçu récemment par le sous-préfet de Béziers qui leur a signifié que contrairement à 2017 et 2018, l’État n’engagerait pas une action en référé. « Cette année, elle n’a pas de connotation religieuse, a expliqué le préfet », Jacques Witkowski dans ces colonnes lundi dernier.

Une aberration pour les libres penseurs. « On ne comprend pas trop cette déclaration, reprend Christophe Benoît. Il ne faut pas rigoler. À partir du moment où c’est une crèche de la Nativité et que le maire de Béziers a invité des représentants des cultes à l’inauguration, il y a une connotation religieuse. »

Déjà une procédure en 2016

L’association préparer donc un recours devant le tribunal administratif, comme celui enclenché en 2016.À l’époque, le jugement n’était tombé qu’à l’été 2018, mais ils avaient obtenu gain de cause. « On agit toujours sur le fond pour défendre et promouvoir la loi de 1905, reprend le responsable. Elle ne doit pas être attaquée et touchée. »

Le Mouvement pour la paix, représenté par Raymond Cubells s’est naturellement joint au mouvement. « La présence de la crèche dans des locaux municipaux est un risque d’inciter aux discriminations dans la mairie, assure-t-il. C’est un lieu qui doit rester neutre.  »

Une procédure longue

Tous sont conscients que le recours prendra beaucoup de temps à être traité. Et ne souhaitaient pas aller en référé pour offrir une nouvelle tribune au maire, à quelques semaines des élections municipales.

Mais il faudra sans doute plusieurs années pour que la justice dise si la Ville pouvait ou non, en ce mois de décembre 2019, installer sa crèche dans la cour d’honneur de la mairie.

Guilhem Richaud

Source : Midi Libre

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