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Covid-19 : le badge de contrôle des déplacements des salariés chez Essity fait polémique

Les syndicats du groupe suédois dénoncent ces boîtiers portés à la taille ou autour du cou et qui déclenchent un bip quand les employés sont trop proches les uns des autres.

Le logo d’Essity, à Stockholm, en mai 2019.

« La direction traiterait-elle ses salariés comme des chiens ? » C’est la question provocatrice que pose la CFDT d’Essity, un groupe suédois fabriquant des produits d’hygiène (papier toilette, essuie-tout…), face à un système de contrôle électronique des déplacements de salariés que la direction entend mettre en place dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Il s’agit de boîtiers portés par les salariés, soit à la taille soit accroché à un cordon autour du cou, et qui déclenchent un signal dès que la distanciation physique n’est pas respectée, explique le syndicat. Celui-ci dresse un parallèle avec le système d’envoi d’impulsions au collier d’un chien pour le dissuader d’aboyer. La CFDT juge ce dispositif « particulièrement intrusif et infantilisant ».

Pour l’entreprise, qui compte près 2 800 salariés en France répartis sur huit sites, ce dispositif vise à « renforcer la sécurité des collaborateurs », en limitant « le plus possible tout risque de transmission du virus ».

Essity a choisi un modèle de la société belge de technologie Phi Data – des boîtiers individuels numérotés portés par les salariés, dont les déplacements sont enregistrés. Ce dispositif « serait sans système de géolocalisation et non relié à des informations personnelles » des salariés, assure la direction. Dès qu’un boîtier se trouve à moins d’une certaine distance d’un autre, il vibre ou émet un son pouvant atteindre 83 décibels, ou bien sa LED clignote.

« Atteinte aux libertés individuelles »

Si un salarié déclare être contaminé par le SARS-CoV-2, il est alors possible d’identifier par le traçage si d’autres boîtiers ont été « en contact » avec le sien. Ensuite, pour prévenir les porteurs de ces « boîtiers contacts », « le médecin du travail peut, avec un représentant syndical, identifier rapidement les personnes auxquelles demander de se faire tester, tout en garantissant le secret de l’identité de celles-ci », explique Dave Engel, développeur commercial chez Phi Data.

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