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Les complotistes iront ailleurs

La fermeture des pages qui prônent les théories du complot ne les arrêtera pas

La fermeture des pages et des comptes, comme celle de Radio-Québec mercredi, prônant les théories du complot pourrait jeter de l’huile sur le feu et pousser les conspirationnistes à se retrouver sur d’autres plateformes pour diffuser leurs messages, pensent des experts.

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« Combattre ce genre de propos [complotistes], c’est comme combattre des coquerelles. Tu nettoies un appartement, un immeuble, ça s’en va dans l’immeuble voisin. Il y a plein de réseaux qui existent déjà, [dont une] plateforme d’extrême droite qui disait [avant-hier] être très heureuse d’accueillir tous les commentaires de QAnon », soutient Jean-Hugues Roy, professeur en journalisme à l’Université du Québec à Montréal.

Le géant américain Facebook a décidé, mardi, de retirer de sa plateforme principale et d’Instagram tous les comptes, pages et groupes liés à la mouvance conspirationniste QAnon. Et les groupes québécois n’ont pas échappé à ce mouvement.

La page de Radio-Québec, tenue par Alexis Cossette-Trudel, a été supprimée mercredi, notamment à cause des nombreux messages conspirationnistes et des fausses informations qui y étaient publiées.

« En vertu de notre politique resserrée sur les personnes et les organisations dangereuses, nous avons pris la décision de retirer Radio-Québec, en raison de son affiliation à QAnon », a indiqué par voie de communiqué un porte-parole de l’entreprise Facebook.

Faire son nid ailleurs

Cependant, la suppression de ces pages Facebook va avoir un effet contre-productif, pense Marie-Ève Carignan, professeure en communication à l’Université de Sherbrooke. Notamment parce que cette situation va permettre d’alimenter le discours des complotistes, précise-t-elle.

« Les porte-parole de ces groupes-là […] vont se servir de ça pour se victimiser et dire que c’est “la preuve qu’on bâillonne le discours d’opposition et qu’on ne laisse pas un vrai débat public s’exercer” », ajoute Mme Carignan.

Legault inquiet

Pour Marie Lamensch, coordonnatrice à l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne de l’Université Concordia, Facebook a mis un gros coup dans le nid de guêpes.

« Ce n’est pas trop tôt, c’est [une décision] attendu depuis longtemps et ça va aider à diminuer la désinformation. Parce que même si ceux qui créaient les fausses nouvelles vont ailleurs, les citoyens lambda ne les suivront pas tous », explique Mme Lamensch.

En point de presse mercredi, le premier ministre du Québec François Legault a dit s’inquiéter de ceux qui véhiculent l’idée que le virus n’existe pas.

Source journaldemontreal.com

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