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Sur CNews, Didier Raoult a dénoncé une "guerre complètement folle" contre l'hydroxychloroquine. // CNews

Le professeur marseillais a été critiqué pour avoir défendu ce traitement, utilisé contre le paludisme, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Le professeur Didier Raoult, ardent défenseur de l’hydroxychloroquine dans le traitement contre le coronavirus, a dénoncé ce mercredi 19 août, dans une interview diffusée sur CNews, une “guerre complètement folle” contre ce médicament utilisé de longue date contre le paludisme mais banni dans le traitement du Covid-19 en France.

“Comment expliquer cette guerre complètement délirante, contre l’hydroxychloroquine? Comment peut-on défendre l’idée qu’un médicament pris par deux milliards de personnes est devenu en 2020 toxique? Comment cela a-t-il pu être défendu dans les plus grands journaux médicaux du monde?”, s’est interrogé le patron de l’Institut Méditerranée-Infection à Marseille.

“Une de mes théories est que, comme on vit dans un monde qui croit au progrès continu, on ne s’est pas rendu compte que beaucoup de choses pouvaient devenir obsolètes, mais pas les molécules chimiques”, a-t-il estimé, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

 

Des doutes sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine

Également utilisé contre des maladies comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde, l’hydroxychloroquine a été l’un des premiers médicaments à être envisagés pour un possible traitement contre le coronavirus. Mais début juin, des tests cliniques de l’Université de Minnesota ont conclu qu’elle était inefficace pour prévenir une infection au Covid-19.

“Cet essai randomisé n’a pas démontré un bénéfice significatif de l’hydroxychloroquine comme traitement prophylactique après une exposition au Covid-19”, ont conclu les auteurs.

Plusieurs agences sanitaires, dont l’agence française du médicament ANSM, ont alerté contre des risques cardiaques liés à la combinaison entre hydroxychloroquine et azithromycine (un antibiotique) pour les malades du Covid, une combinaison défendue par Didier Raoult.

Le 15 juin, l’Agence américaine du médicament (FDA) a retiré l’autorisation d’utiliser en urgence l’hydroxychloroquine. La France en a banni l’usage le 28 mai contre le Covid-19.  Le 17 juin, l’OMS a décidé d’arrêter les essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, estimant qu’elle n’a “pas pour résultat la réduction de la mortalité de ces patients”.

Le professeur Raoult, lui, a toujours défendu ce traitement. Il a rendu publiques plusieurs études pour appuyer son propos, dont certaines ont été très critiquées dans leurs méthodes. Pour beaucoup de scientifiques, celles-ci ne permettent pas de conclure d’une efficacité du médicament.

Entre février et août, “ce n’est plus la même maladie”

Le professeur Raoult a par ailleurs assuré sur CNews que, “entre les cas que l’on trouve maintenant et ceux que l’on trouvait en février ou en mars, ce n’est plus la même maladie”. ”Ce que l’on trouve maintenant, ce sont des formes très bénignes, la proportion des gens hospitalisés est beaucoup plus faible”, a-t-il ajouté.

 

Si le nombre d’hospitalisations en France n’est pas aujourd’hui au niveau des chiffres du mois de mars, la Direction générale de la santé (DGS) note toutefois une augmentation régulière ces derniers jours du nombre d’admissions à l’hôpital pour Covid-19 (4925 personnes sont actuellement hospitalisées pour ce motif, dont 234 ces dernières 24 heures). Le nombre de réanimations, lui, oscille entre baisse et hausse. Il était de 384 mardi soir, soit 34 de plus en 24 heures.

À noter aussi que les nouvelles contaminations au coronavirus concernent surtout les plus jeunes (dans la tranche 15-44 ans), qui développent des formes moins graves qui ne sont donc pas nécessairement suivies d’une hausse des hospitalisations et des réanimations.

Source : Huffingtonpost

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