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La banque envisage de recourir à des « conseillers indépendants locaux », indiquent « Les Échos ». Les syndicats s’inquiètent de cette expérimentation.

L’ubérisation de l’économie va-t-elle aussi toucher le secteur bancaire ? Cela pourrait être l’intention de la Caisse d’épargne qui voudrait tester un nouveau statut de « conseiller indépendant local ». À la clé, des banquiers qui ne seraient plus salariés de l’entreprise, mais indépendants, tout en travaillant en lien direct avec la banque, détaillent Les Échos.

Selon un document que le quotidien a pu consulter, l’initiative, inédite en France, sera testée en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Le projet, validé par le groupe BPCE, filiale des Caisses d’épargne, donnerait ainsi naissance à un poste de « conseiller indépendant local », « mandataire exclusif » de la banque, avec pour objectif de suivre les clients existants, mais aussi d’en trouver de nouveaux. La banque n’aurait pas besoin d’avoir à supporter les charges salariales, et le conseiller pourrait organiser « librement son temps et ses efforts », sans « aucun lien de subordination », explique Ouest-France, qui a aussi pu consulter le document de la banque. Mais il conservera un lien direct avec la Caisse d’épargne puisque c’est cette dernière qui « réalisera les actes de gestion et les opérations bancaires qui découlent de la prestation de conseil », précisent Les Échos.

« Attirer de nouveaux talents »

En plus de la transformation du secteur bancaire, la Caisse d’épargne souffre d’un réseau « vieillissant » en Bretagne et dans les Pays de la Loire, et de difficultés à « fidéliser ses collaborateurs et attirer de nouveaux talents ». Résultat, la banque voit dans ce statut une solution pour conserver son « empreinte territoriale », lorsqu’elle ne peut pas maintenir une agence localement. La Caisse d’épargne souhaite recruter des conseillers ayant au moins une première expérience de deux ans comme cadre dans une banque ou chez un assureur et qui possèdent trois agréments (banque, épargne, assurance). Juridiquement, ils pourront opter pour une société anonyme par actions simplifiée (SAS).

Les syndicats du secteur ont déjà émis des craintes : le risque de se « retrouver avec des vendeurs d’aspirateurs », comme l’explique Frédéric Guyonnet, le président du Syndicat national de la banque et du crédit (SNB), qui craint de voir le mode de rémunération peser sur la qualité du conseil. Les conséquences sociales génèrent aussi des inquiétudes. Par ailleurs, l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), le gendarme du secteur, doit encore donner son aval à ce projet. Mais un calendrier a déjà été établi. Des tests pourraient ainsi être menés dans trois agences « en milieu rural », durant la dernière semaine de mai, explique Ouest-France.

Source : Le Point

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