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L’agence Reuters, relayée par « Le Parisien », révèle que des lingots d’or issus de trafics illégaux ont été retrouvés dans les coffres d’une grande banque.

La découverte pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg. Les principales banques intervenant dans le marché mondial de l’or permettent-elles d’écouler des lingots d’or de contrebande ? Une longue enquête de l’agence de presse Reuters, reprise par Le Parisien, fait état d’une importante découverte qui pourrait être symptomatique d’un véritable système de blanchiment d’or de contrebande. Dans les coffres de la banque américaine JPMorgan Chase & Co. ont récemment été découverts plus de 2 000 kilobarres, lingots d’un kilo chacun, tous gravés d’un même numéro de série. Comme le rappelle le quotidien, un lingot d’or comprend systématiquement plusieurs mentions : son poids, la pureté du métal et un numéro de série auxquels s’ajoute la plupart du temps le logo du raffineur.

Les lingots retrouvés chez JPMorgan portaient donc tous le même numéro de série, la même identité, et étaient falsifiés via différents logos des principaux raffineurs mondiaux. Autrement dit, tout sur ces lingots laissait penser qu’ils sortaient de raffineries officielles. Falsifiés, ils ont permis d’écouler de l’or récupéré en dehors des circuits légaux, de l’or de contrebande à qui la conservation précieuse au sein de la banque a conféré de la valeur. Une valeur bien précise : 43 700 euros pièce, soit 87 millions d’euros selon le cours de l’or du moment, pour les 2 000 lingots concernés. Quatre des principaux raffineurs suisses déclarent n’avoir pas produit les kilobarres en question, leur logo figure pourtant sur certains d’entre eux.

« Beaucoup, beaucoup en circulation »

JPMorgan déclare avoir « alerté immédiatement les autorités compétentes et les raffineries » à la découverte des lingots « mal marqués » et précise n’avoir « pas encore eu d’incident entraînant une perte pour le cabinet ou un client. » Contrairement à un autre type de faux lingots, issus d’un autre métal et recouverts de feuilles d’or, les lingots de ce type sont presque indétectables, parfaitement réalisés et aussi précieux que les vrais. Seule l’origine change, mais elle change tout.

Partout où se trouve de l’or dans le monde, en RDC, au Soudan, en Corée, au Venezuela, au Brésil, en Inde, en Guyane, etc., rôdent des trafiquants, exploitant ou faisant exploiter des filons illégalement à des orpailleurs qui travaillent dans d’atroces conditions, parfois pour des réseaux mafieux, comme le dénonce régulièrement l’ONU depuis plus d’une quinzaine d’années. Acquis frauduleusement, l’or transformé en lingots quasi officiels pourra ainsi être écoulé à un tarif suivant le cours mondial, soit, on l’imagine, bien plus que sur le marché noir. Le directeur général de l’une des plus importantes raffineries au monde s’inquiète : « Les derniers faux lingots détectés ont été réalisés de manière hautement professionnelle, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup en circulation. » Les 2 000 lingots récemment découverts pourraient donc n’être qu’une goutte dans l’océan étincelant de l’or mondial.

Source : Le Point

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