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Wall Street s'inquiète déjà des signes avant-coureurs d'une récession. (Crédits : Brendan McDermid)

Une majorité d’économistes prédisent une récession aux Etats-Unis dans les deux ans, selon un sondage publié ce lundi 19 août. Les experts estiment cependant que cette crise sera tout de même retardée grâce aux actions de la Réserve fédérale américaine.

La récession guetterait la première économie mondiale à l’horizon 2020-2021. C’est en tout cas le scénario envisagé par une majorité d’économistes dans un sondage publié ce lundi 19 août. Ce dernier révèle que sur les 226 experts interrogés par la National Association for Business Economists (NABE), 38% pronostiquent une entrée de la première économie mondiale en récession en 2020, 34% en 2021 et 14% plus tard.  En revanche, ils ne sont que 2% à prédire le début de la récession en 2019, contre 10% lors du précédent sondage réalisé en février.

Néanmoins, « les personnes interrogées estiment que l’expansion sera prolongée par le changement de politique monétaire » de la Fed, qui a abaissé les taux d’intérêt d’un quart de point – une première depuis onze ans – le 31 juillet, a estimé la présidente de la NABE, Constance Hunter, qui est également économiste en chef chez KPMG.

Des signaux avant-coureurs

Toujours selon ce sondage, 46% des économistes interrogés s’attendent à au moins une nouvelle baisse des taux par la banque centrale d’ici la fin de l’année, tandis que 32% pensent que le loyer de l’argent de la Fed terminera 2019 à son niveau actuel. La Fed a réduit le 31 juillet les taux directeurs d’un quart de point pour les fixer dans la fourchette de 2% à 2,25% pour le plus grand bonheur de Donald Trump qui le demandait depuis l’entame de son mandat. Mais il n’y a pas que les économistes qui craignent une récession au pays de l’Oncle Sam. Les marchés également.

Les investisseurs éprouvent des difficultés à mettre de côté leurs inquiétudes sur la santé de l’économie mondiale malgré le fait que les États-Unis viennent de vivre le plus long cycle de croissance depuis l’après-guerre. Le contexte mondial, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, les préoccupe. Or, jeudi 15 août, la Chine a réitéré sa position ferme dans le conflit qui l’oppose à Washington. Autre signal inquiétant : le mercredi 14 août, la courbe des taux des emprunts s’est brièvement inversée : le taux d’intérêt pour les prêts à 10 ans est passé en dessous du taux d’intérêt pour les prêts à deux ans, contre toute logique. Un phénomène qui ne s’était pas produit depuis douze ans.

Il est interprété comme annonciateur d’une récession dans les mois qui suivent, car il montre que les investisseurs n’ont plus confiance dans l’avenir : ils cherchent la sécurité en souscrivant des bons du trésor à long terme. Résultat : le rendement baisse. Selon le journal La Croix, cette inversion des courbes s’est produite avant chaque crise aux États-Unis depuis 1956. Cela avait encore été le cas en 2008, tout comme en 2000, avant l’éclatement de la bulle Internet. Ce signal a provoqué une chute des marchés d’actions. A Wall Street, le Dow Jones a encaissé sa plus lourde perte de l’année, -3 % mercredi 14 août, avant de se reprendre un peu le lendemain…

Source : La Tribune

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