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La Banque de France. Photo AFP

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a estimé lundi que la période de déconfinement amputera la croissance française d’au moins trois points de PIB cette année, qui s’ajouteront aux six points déjà perdus lors du confinement.

« Nous savons déjà que l’acte I (le confinement général) a coûté à l’économie française près de 6 points de PIB annuel, et que l’acte II pourrait coûter en supplément au moins la moitié », a affirmé le gouverneur lors d’un discours devant la Société d’économie politique à Paris.

« A plus long terme, il est difficile de mesurer le temps du retour à la normale ou au +new normal+ et l’on peut craindre certaines pertes durables de croissance potentielle », a-t-il ajouté, soulignant que la BdF ne donnerait ses premières prévisions de croissance pour 2020 et 2021 que le 9 juin.

Si le déconfinement a débuté le 11 mai, la reprise de l’activité n’est que progressive dans de nombreux secteurs. D’autres, comme l’hôtellerie-restauration, la culture ou l’évènementiel restent à l’arrêt.

« Nous devons faire face à un choc inédit qui est à la fois d’offre et de demande; temporaire et en partie persistant; largement symétrique mais aussi asymétrique dans certains impacts nationaux« , a-t-il assuré.

« Dénouer ce mythe de monnaie magique »

Le gouvernement table lui à ce stade sur une chute du PIB de 8% cette année.

Sur le plan européen, le gouverneur a saisi l’occasion pour rappeler l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), après un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle allemande.

« Pour mettre en oeuvre le mandat qui lui a été confié démocratiquement par la législation européenne, son action n’est pas soumise aux gouvernements nationaux ni aux interprétations juridiques nationales », a-t-il souligné.

M. Villeroy de Galhau a également rejeté l’idée d’émettre de la « dette perpétuelle » comme le demandent certains Etats qui souhaitent ainsi ne s’acquitter que du paiement des intérêts, par ailleurs très bas en ce moment.

« Il convient de dénouer ce mythe de monnaie magique« , a déclaré le gouverneur.

Selon lui, la dette perpétuelle inciterait les investisseurs à exiger « pour une dette sans espoir de remboursement des primes de risque et donc des taux d’intérêt élevés, beaucoup plus coûteux que la dette actuelle ».

Source : Var Matin

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