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Jean-Yves Le Drian en conférence de presse à l'Elysée, le 14 avril 2018, (illustration).

Au Sénat, le ministre français des Affaires étrangères a affirmé que les Européens allaient mettre en place «dans les jours qui viennent» un système qui doit permettre de continuer à commercer avec l’Iran malgré les sanctions américaines.

«Nous sommes en train de mettre en place un mécanisme de financement spécifique permettant d’éviter d’être soumis totalement à l’extraterritorialité des mesures de sanction mises en œuvre par les Etats-Unis», a déclaré Jean-Yves Le Drian lors d’une audition devant la Commission des Affaires étrangères au Sénat.

«Le SPV [Special purpose vehicle] devrait être mis en œuvre dans les jours qui viennent […] Ce sera un acte politique», a souligné le ministre français des Affaires étrangères, précisant qu’une réunion avait eu lieu sur ce sujet le 21 janvier à Bruxelles.

Désireux de sauver l’accord sur le programme nucléaire iranien de 2015 malgré le retrait des Etats-Unis, les Européens ont présenté en septembre ce «véhicule spécial», dont la création a été complexe et délicate. Il doit théoriquement servir d’intermédiaire pour permettre aux entreprises européennes de commercer avec l’Iran sans s’exposer aux sanctions américaines et à Téhéran de continuer à vendre du pétrole.

«Cela permettra d’avoir une espèce de chambre de compensation en euros qui permettra à Téhéran à la fois de pouvoir bénéficier des retours financiers de certaines de ses ressources pétrolières et d’acheter auprès des principaux acteurs que sont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne les produits de première nécessité», a relevé Jean-Yves Le Drian.

Toutefois, l’Autriche, où a été signé cet accord sur le nucléaire, avait été pressentie pour héberger l’institution financière chargée de la mise en œuvre de ce mécanisme, araut apparemment refusé par crainte de sanctions américaines.

«Le processus est maintenu, ce qui va un peu à l’encontre de ce que pouvaient imaginer les Etats-Unis lorsqu’ils ont rompu l’accord de Vienne. Ils pensaient que cela allait déstabiliser le régime […] Ce n’est pas le cas, il y a une capacité de résilience considérable», a estimé le chef de la diplomatie française.

La France conserve néanmoins une «très grande détermination» à vouloir discuter avec l’Iran d’un certain nombre de sujets de contentieux, notamment de son programme balistique que Jean-Yves Le Drian a décrit comme une «espèce de frénésie missilière qui s’est emparée de Téhéran et qui aboutit parfois à des exportations de missiles dans d’autres pays».

Source : RT Economie

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