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Avant son arrivée au conseil européen à Bruxelles, Emmanuel Macron a du lire la tribune d'Antoine Bozio qui a inspiré sa réforme des retraites. - KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images

Au lendemain des annonces d’Édouard Philippe, l’économiste Antoine Bozio pointe « le flou » qui entoure les futures pensions des enseignants.

Déception. L’économiste Antoine Bozio, spécialiste de la question des retraites a été l’un des penseurs de la réforme proposée par Emmanuel Macron pendant sa campagne électorale. Cette promesse qui fait aujourd’hui descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues et qui ne semble toujours pas convaincre malgré les annonces d’Édouard Philippe.

Dès le lendemain de ce grand discours prévu pour apaiser les tensions, le chercheur n’y va pas avec le dos de la cuillère pour évoquer, dans Le Monde ce jeudi 12 décembre “une impression de formidable gâchis”.

Dans une longue tribune assez technique, le maître de conférence à l’EHESS affirme qu’il est “peu probable que le nouveau système fonctionne à budget constant” car “le report de la mise en place de la réforme permet de maintenir l’indexation prix plus longtemps”.

Selon cet économiste, il fallait s’attendre à ce que “les syndicats réformistes comme la CFDT” annoncent leur opposition au projet, à cause des mesures d’économies budgétaires ou “paramétriques” annoncées le 11 décembre.

Les enseignants “dans le flou”

Autre point que ce conseiller n’oublie pas de souligner publiquement: les craintes liées à la retraite des enseignants. “On attendait des clarifications”, rappelle Antoine Bozio qui observe que si le Premier ministre “a énoncé des engagements clairs sur l’absence de perte de pension”, il n’a pas, en revanche, précisé “les modalités” adossées à ces garanties. “On reste largement dans le flou”, semble se désespérer ce spécialiste.

Enfin, d’un point de vue de la “méthode” de l’exécutif, Antoine Bozio constate “l’échec de la construction collective d’un consensus” et le manque de pédagogie du gouvernement qui n’a pas “communiqué d’éléments chiffrés ou de simulations de variante”.

Lui qui a travaillé sur le système de retraites dans les pays scandinaves estime que la France n’a pas su suivre la même “démarche”, avec “des commissions pluripartisanes ou la réalisation de livres blancs”.

“Notre pays est loin d’avoir démontré, à cette occasion, sa capacité au débat démocratique transparent”. Édouard Philippe a sûrement lu les mots de cet économiste puisqu’il sera dès vendredi 13 décembre à Nancy pour un débat sur le thème des retraites ”à la rencontre de professeurs (…) afin d’échanger avec eux sur la question de la revalorisation de leur rémunération”. Encore un grand débat qui s’annonce.

Source : Huffingtonpost

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