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Dans une vidéo, Mona Al-Mazbouh dénonçait le harcèlement dans la rue et dans les taxis. Des citoyens égyptiens ont porté plainte.

En Egypte, il est criminel de dénoncer le harcèlement sexuel. Mona Al-Mazbouh, libanaise de 24 ans de passage dans le pays, a été condamnée à huit ans de prison par un tribunal du Caire. Son crime : avoir posté une vidéo sur Facebook dans laquelle elle raconte avoir été harcelée. Elle a été arrêtée fin mai à l’aéroport alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire.

Face à la caméra, la jeune touriste dénonçait les comportements dont elle avait été victime. Par des chauffeurs de taxi ou dans la rue. Elle évoque aussi avoir été volée et arnaquée, qualifiant l’Egypte de “pays de salopards”.

“Atteinte au peuple égyptien”
Lorsqu’ils ont visionné la vidéo, des Egyptiens choqués ont déposé plainte et appelé à son arrestation. Une fois appréhendée par les autorités, elle a été accusée de propager de “fausses rumeurs”, de s’en prendre “aux religions”. Puis elle a été jugée pour “atteinte au peuple égyptien”.

Pour se racheter, Mona Al-Mazbouh publie alors une seconde vidéo affirmant qu’elle n’avait aucune intention d’insulter les Egyptiens et qu’en aucun cas elle ne parlait de “tout le peuple égyptien” :

“J’aime tous les Egyptiens et j’adore ce pays, c’est pourquoi je l’ai visité plus d’une fois et je reviens.”
Une peine revue à la baisse
Le tribunal, qui a initialement prononcé une peine de onze ans de réclusion, a revu cette dernière à la baisse une heure après son verdict, selon une source judiciaire. Ce qui ne satisfait pas l’avocat de Mona Al-Mazbouh. Maître Emad Kamal a annoncé avoir fait appel d’un “verdict sévère. Il rentre dans le cadre de la loi mais le tribunal a appliqué la peine maximale”.

source :.nouvelobs.com