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France, Russie, Allemagne ; entente sur la Syrie

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Syrie: sommet inédit à Istanbul avec Turquie, Russie, France et Allemagne

Les dirigeants de la Turquie, la Russie, la France et l’Allemagne se réunissent samedi à Istanbul pour un sommet inédit sur la Syrie visant à préserver la trêve fragile à Idleb, faciliter l’accès de l’aide humanitaire et avancer vers une transition politique.

Les présidents russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel sont arrivés à Istanbul où ils retrouveront leur hôte Recep Tayyip Erdogan pour ce sommet qui réunira, à partir de 12H00 GMT, des acteurs aux initiatives concurrentes.

Cette rencontre survient au lendemain de frappes du régime syrien qui ont tué sept civils dans la province rebelle d’Idleb (nord-ouest), le bilan le plus élevé depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié le mois dernier par Ankara et Moscou.

Sans attendre le sommet, MM. Macron et Poutine ont évoqué la situation à Idleb dans un entretien téléphonique samedi matin.

Le président français « a rappelé ses objectifs de prolonger le cessez-le-feu à Idleb, de prohiber les armes chimiques, d’assurer l’accès de l’aide humanitaire et de trouver un calendrier de temps pour le processus politique », selon l’Elysée.

AFP / Aaref WATAD Un combattant rebelle du Front de libération nationale dans une rue de la ville d’al-Rashidin, dans la province d’Idleb, le 15 octobre 2018

L’accord entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des rebelles, prévoyait notamment la mise en place d’une « zone démilitarisée » de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les territoires insurgés d’Idleb des régions gouvernementales.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu cette entente in extremis alors que le régime était sur le point de lancer une offensive de grande ampleur sur cet ultime grand bastion de l’opposition, au risque d’une catastrophe humanitaire.

Lors du sommet, les quatre dirigeants vont également « étudier quelles formules nouvelles peuvent être trouvées afin d’apporter une solution politique » à ce conflit complexe qui a fait plus de 360.000 morts depuis 2011, selon le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin.

Sur ce point, la formation sous les auspices de l’ONU d’un Comité constitutionnel censé élaborer une nouvelle loi fondamentale s’annonce comme l’un des principaux défis en raison du blocage du régime.

L’émissaire des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura, qui a déploré vendredi la paralysie de son plan, sera lui aussi présent au sommet d’Istanbul.

– Etre « réaliste » –

AFP / AFP Syrie

Si aucune annonce majeure ne devrait intervenir à l’issue du sommet –l’Elysée dit avoir des « attentes modestes » et le Kremlin appelle à être « réaliste »–, cette réunion au format inédit donnera l’occasion aux quatre dirigeants de chercher des terrains d’entente.

La Turquie et la Russie forment avec l’Iran un trio incontournable sur le terrain où ils ont permis un relatif silence des armes à la faveur du processus dit d’Astana. La France et l’Allemagne font elles partie du « small group » sur la Syrie qui compte cinq autres pays, dont les Etats-Unis.

« Il y a des approches différentes. Mais, en gros, tout le monde souhaite naturellement aboutir à un règlement politique en Syrie », a souligné vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, appelant à « harmoniser les positions ».

Les quatre pays parleront aussi de la reconstruction de la Syrie — un thème cher à Moscou –, mais la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen a prévenu samedi que celle-ci ne pourrait pas se faire « au profit de la dictature d’Assad ».

Deux acteurs importants du conflit en Syrie, l’Iran et les Etats-Unis, qui sont à couteaux tirés, seront absents samedi. M. Macron s’est toutefois entretenu jeudi avec le président américain Donald Trump pour accorder leurs positions.

Face à l’influence que Moscou assoit grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a affirmé samedi que la Russie ne pourrait « pas remplacer les Etats-Unis » au Proche-Orient.

Jusqu’à présent, les initiatives du groupe Russie-Turquie-Iran, trois pays aux intérêts propres qui ont investi d’importantes ressources militaires en Syrie, ont largement éclipsé les efforts des Occidentaux et des Nations unies sur la transition politique.

Samedi, M. Erdogan pourrait néanmoins tenter de profiter de la présence des deux dirigeants européens pour « renforcer son +poids+ dans les négociations avec Poutine et modifier le rapport de force en sa faveur », souligne Jana Jabbour, spécialiste de la Turquie.

Ce sommet intervient par ailleurs au moment où la région est secouée par le meurtre du journaliste critique saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul.

M. Erdogan, qui recevait Mme Merkel avant la réunion quadripartite, évoquera cette affaire avec ses hôtes lors des rencontres bilatérales prévues en marge du sommet.

Source : AFP

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