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  • Le 5 janvier, Christophe Dettinger, un ancien champion de boxe, a violemment frappé à coups de poing deux gendarmes lors d’une manifestation des « gilets jaunes », à Paris.
  • Alors qu’il était en garde à vue pour ces faits, une cagnotte a été créée sur la plate-forme Leetchi afin de récolter des fonds pour le soutenir.
  • Dénonçant des irrégularités, Leetchi a décidé de fermer cette cagnotte au bout de deux jours alors qu’elle avait atteint plus de 145.000 euros.

Comme dans un devoir de mathématiques, l’opération figure en gras à la fin du document. Selon nos informations, l’ancien boxeur Christophe Dettinger et son épouse, Karine, ont fait délivrer, mardi 18 mars, une assignation devant le tribunal de Paris  à la plate-forme Leetchi dans laquelle ils lui réclament 3.120.768 euros de dommages et intérêts.

Condamné, le 13 février, à un an de prison ferme pour avoir frappé deux gendarmeslors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Paris, Christophe Dettinger estime qu’il aurait dû bénéficier de cette somme si Leetchi n’avait pas clôturé, au bout de deux jours, la cagnotte de soutien créée par un de ses proches, alors que la polémique enflait.

Extrait de l'assignation délivrée par l'ancien boxeur Christophe Dettinger à l'encontre de Leetchi
Extrait de l’assignation délivrée par l’ancien boxeur Christophe Dettinger à l’encontre de Leetchi – ASSIGNATION DETTINGER

« Cette cagnotte devait durer 45 jours selon les règles de Leetchi, assume Laurence Léger, l’avocate de l’ancien boxeur. Or, Leetchi a décidé unilatéralement de la fermer après 48 heures. Et en deux jours, plus de 145.000 euros avaient déjà été versés. Il suffit de faire le calcul. En droit civil, on appelle cela la « perte de chance ». »

« La vérité, c’est que Leetchi a pris peur ! »

Bénéficiant d’un aménagement de peine, Christophe Dettinger partage aujourd’hui son temps entre le centre de semi-liberté de Corbeil-Essonnes (Essonne) où il dort, et la mairie d’Arpajon où il encadre, la journée, une équipe d’agents de voirie. Père de trois enfants, il réclame aussi le versement de la cagnotte de 145.152,46 euros bloqués par Leetchi depuis le 8 janvier.

Dans un communiqué diffusé le 7 février, Leetchi avait expliqué avoir bloqué les fonds après avoir constaté que le créateur de la cagnotte, un ami du couple Dettinger, avait contrevenu aux conditions générales d’utilisation du service. Selon la société, il voulait que les fonds soient directement versés à la famille de Christophe Dettinger et non pas aux avocats chargés de le défendre, sur présentation des notes d’honoraires, comme c’était prévu au départ.

« La vérité, c’est que Leetchi a pris peur devant la polémique, tacle Laurence Léger. Il faut se rendre compte de la façon dont les ‘’gilets jaunes’’ ont été méprisés dans cette affaire. Leetchi leur a interdit de pouvoir donner 10 euros à qui ils le voulaient ! » Au moment des faits, l’affaire avait pris une tournure politique. Plusieurs syndicats de policiers avaient qualifié cette cagnotte de « prime à casser du flic » et Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes avait réclamé sa fermeture, parlant d’une « honte ».

Leetchi se conformera aux décisions de justice

Contactée par 20 Minutes ce mercredi, la plate-forme de cagnotte ne souhaite pas « commenter » le montant des dommages et intérêts réclamés par l’ancien boxeur et explique qu’elle ne porte de « jugement de valeur sur aucune thématique ». Elle rappelle aussi qu’elle a saisi la justice afin de savoir si la cagnotte avait été créée dans de bonnes conditions. A ce sujet, elle précise qu’elle se conformera « bien évidemment » à la décision qui sera rendue.

Un premier rendez-vous est fixé, vendredi matin, au tribunal d’Evry (Essonne). Laurence Léger compte à cette occasion demander à la juridiction de se dessaisir au profit du tribunal de Paris où une autre audience est programmée le 10 avril. Et promet, déjà, « d’autres actions à venir ».

Source 20minutes

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