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Des migrants attendant d'être transférés de Lesbos à Moria, en Grèce, le 3 mai 2020 AFP/Archives / Manolis Lagoutaris

La Commission européenne a appelé mercredi 3 juin les Etats membres à la « solidarité » et à la « responsabilité collective » pour prendre en charge plusieurs centaines de migrants actuellement bloqués en mer hors des eaux territoriales maltaises sur des bateaux de croisière affrétés par La Valette.

« Nous appelons tous les Etats membres à travailler ensemble de façon urgente dans un esprit de solidarité et de responsabilité collective pour trouver des solutions », a déclaré un porte-parole de la Commission, Adalbert Jahnz, soulignant que les migrants – plus de 400 selon les ONG – sauvés en Méditerranée il y a plusieurs semaines et désormais à bord des quatre bateaux, avaient « besoin d’être débarqués aussi rapidement que possible ».

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« Il y a un besoin urgent de coopération », a insisté le porte-parole. L’exécutif européen, qui a en la matière un rôle de coordination, est « en contact étroit avec les Etats membres », a-t-il dit.

« Si nous reconnaissons les difficultés créées par l’épidémie de coronavirus, nous attendons aussi de la part de tous les Etats membres qu’ils respectent leurs obligations en droit européen et international », a-t-il ajouté.

Une trentaine relocalisés par La France

La France pour sa part s’est engagée « à relocaliser sur le territoire plusieurs dizaines de personnes, minimum trente » qui sont sur ces bateaux, « à compter de la réouverture des frontières intérieures européennes » prévue à ce stade à la mi-juin, a déclaré à l’AFP le ministère français de l’Intérieur, à l’issue d’une discussion téléphonique entre le ministre Christophe Castaner et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson.

Cet engagement, souligne-t-on à Paris, tient « à conditions que d’autres pays s’engagent également » à relocaliser des migrants.

« Rétablir un mécanisme coordonné »

Début 2020, près de 1.400 migrants sont arrivés à Malte, une augmentation de 438% sur cette période par rapport à l’an dernier selon le gouvernement maltais, qui appelle lui aussi à une solidarité européenne.

Plusieurs ONG ont tiré la sonnette d’alarme sur le sort de ces migrants, dont un grand nombre proviennent de Libye, pays en proie aux violences.

L’ONG SOS Méditerranée, qui opère des sauvetages en Méditerranée, a réclamé mercredi que les « 425 rescapés » au large de Malte soient débarqués « immédiatement dans un lieu sûr », et a appelé les Etats européens à « rétablir un mécanisme coordonné de relocalisation des personnes secourues en Méditerranée centrale », route migratoire la plus meurtrière du monde selon l’ONU.

Une réforme européenne peine à voir le jour

En septembre dernier, Malte, l’Italie, la France et l’Allemagne s’étaient entendus sur un mécanisme temporaire de répartition des migrants secourus en Méditerranée afin d’éviter que des bateaux les transportant ne restent bloqués en mer pendant des semaines en attendant que des pays acceptent de les accueillir à l’issue de négociations au cas par cas.

D’autres Etats s’étaient ensuite ralliés à l’initiative. Mais la pandémie de nouveau coronavirus a encore compliqué cette question sensible, avec la fermeture des frontières.

Malte et l’Italie ont fermé début avril leurs ports et, depuis début mai, toute opération civile de sauvetage en mer a cessé après que deux bateaux ont été immobilisés par les garde-côtes italiens.

Prévue depuis longtemps, une réforme européenne peine à voir le jour. Le Nouveau Pacte sur la migration et l’asile préparé par la Commission, dont la présentation a été repoussée, devrait être dévoilé d’ici la fin du mois, selon le programme actuel.

Source : Var Matin

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