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Le 88e congrès des Départements de France se tient à Rennes. Parmi les problématiques abordées, celle des Mineurs non accompagnés (MNA). Au titre de l’aide sociale à l’enfance, beaucoup de collectivités doivent s’occuper des jeunes migrants. Leur nombre explose, le coût de leur prise en charge aussi.

L’an passé, les conseils départementaux ont pris en charge 25 000 Mineurs non accompagnés (MNA). En 2018, ce chiffre pourrait atteindre 40 000. C’est l’un des grands sujets d’inquiétude qui occupent les exécutifs locaux, y compris dans l’Ouest, et en Bretagne.

70 % viennent d’Afrique

Derrière ces trois lettres, on trouve de jeunes gens âgés de 15 à 18 ans qui se retrouvent à la rue, avec des problèmes d’errance et de violence. La plupart (95 %) sont des garçons. 70 % viennent d’Afrique, en particulier d’Afrique de l’Ouest francophone, où ils fuient la pauvreté. Une immigration économique massive.

« Il est urgent que le gouvernement propose des solutions à la hauteur des enjeux. Les Départements ne peuvent pas, seuls, assumer des flux d’une ampleur inégalée. » L’an dernier déjà, Jean-Luc Chenut, le président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, avait fait part de son inquiétude.

Un coût d’1,5 milliard d’euros

Il est revenu sur le sujet, ce jeudi, à Rennes, en ouvrant le 88e congrès des Départements. « Le Département est chaque jour sur tous les fronts de la solidarité, il faut redire l’urgence de la situation et l’impératif de réponses enfin à la hauteur de problèmes posés. »
Le coût de la prise en charge d’un mineur étranger au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE) atteint 50 000 € par an. A l’échelle du territoire national, la note explose. Elle pourrait atteindre 1,5 milliard d’euros d’ici la fin de l’année. Et ce chiffre ne cesse d’être réévalué à la hausse.

« Le compte n’y est pas »

Dominique Bussereau, le président de l’Assemblée des Départements de France, a pris note des aides financières promises par l’État. Avec une rallonge annoncée cette semaine. « Mais le compte n’y est pas, estime-t-il, Nous ne sommes pas des pleurnichards, il ne faut pas oublier que les Départements accomplissent des missions de service public au nom de l’État. »

Le sujet dépasse les clivages habituels. Il fait l’unanimité chez les élus, tous bords confondus. « Nous attendons un engagement financier et direct de l’État » , réclame le socialiste André Viola, président du conseil départemental de l’Aude. « Il faut traiter ce problème avec humanité et responsabilité, mais force est de constater que l’afflux des mineurs étrangers embolise notre système d’aide sociale » , constate l’UDI François Sauvadet, à la tête du département de la Côte d’Or.

Deux ministres attendus vendredi

Autant le dire, le gouvernement est très attendu sur ce dossier. Sans aucun doute, les Mineurs non accompagnés feront partie des sujets abordés ce vendredi, avec Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires, et Sébastien Lecornu, chargé des collectivités territoriales. Tous deux viennent à la rencontre des élus rassemblés à Rennes. Ils ne vont pas prononcer un discours, mais participer à un temps d’échange avec un groupe de présidents d’exécutifs départementaux, de droite comme de gauche.

Source : ouest-france

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