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Les migrants se sont introduits sur le port en découpant un grillage à hauteur du chantier de Calais Port 2015. PHOTO D’ILLUSTRATION Johan BEN AZZOUZ - VDNPQR

Ils étaient une centaine. Des migrants ont découpé un grillage au port pour tenter de s’introduire sur le site, tout en installant des barrages sur la rocade portuaire dans la nuit de jeudi à vendredi. Un chauffeur routier a été légèrement blessé. Retour au calme vers 4 heures du matin.

1 – Les faits

« C’est fini maintenant, mais cette nuit ça a été le bazar », nous dit ce vendredi matin un agent du port au terminal car-ferry. Nuit mouvementée en effet au port, puisque vers 3 h 25 une centaine de migrants a tenté de s’introduire sur le site du port en découpant un grillage au niveau du chantier de Calais Port 2015, auquel nous n’avons pas été autorisés à accéder. Les migrants avaient par ailleurs installé des planches de bois et des détritus en travers de la rocade portuaire dans le but de bloquer les poids lourds.

Si les autorités parlent dans un premier temps d’une intrusion, le président de la Société d’exploitation des ports du Détroit (SEPD), Jean-Marc Puissesseau, parle lui d’une tentative, vaec un trou et d barrages entre le pont de Gravelines et le grand virage de la rocade.

Des projectiles ont été lancés par les migrants et un chauffeur routier en ayant reçu un a été blessé. Il a été conduit à l’hôpital de Calais pour des points de suture. Par ailleurs, une dizaine de bâches de camions ont été abîmées, communique la préfecture du Pas-de-Calais. Les forces de l’ordre sont intervenues mais les migrants avaient pris la fuite à leur approche, il n’y a donc pas eu d’interpellation. Le retour au calme a eu lieu vers 4 heures du matin. Le trafic ferry n’a pas été perturbé.

2 – La réaction du port

Du côté de la SEPD, c’est le dépit qui domine : « Ça va pas, ça va pas, ça va pas… Ça recommence, y en a marre, a réagi Jean-Marc Puissesseau, son président. Ce n’est pas la peine que l’on fasse tous les efforts, si derrière on a une image polluée, détruite par les migrants, qui ne sont d’ailleurs pas interpellés ! » Il dit ,ne pas avoir vu depuis longtemps une tentative d’intrusion de cette ampleur, meêm si « des tentatives il y en a tous les jours »déplore l’absence de forces de l’ordre en permanence à certains pointx aus abords du port : « Nous, on leur a indiqué les points stratégiques : c’est le bout de la roure des Garennes, le G1, le premier giratoire en venant de l’autoroute. S’il y avait eu des camionnettes là, ils auraient vu….Les points faibvles, on les connaît !  »

3 – Des précédents spectaculaires

Cette nouvelle action des migrants rappelle des précédents : début mars 2019, une centaine de migrants étaient entrés dans l’enceinte du port de Calais. Soixante-trois d’entre eux avaient réussi à pénétrer à l’intérieur d’un bateau de la compagnie DFDS : 46 avaient été interpellés dans le navire, 17 avaient dû être évacués de la cheminée après une intervention des pompiers spécialisés dans les milieux périlleux.

Entre 2014 et 2016, au plus fort de la crise migratoire quand le camp humanitaire géré par l’État et la « jungle » (squat juste à côté) se trouvaient à quelques centaines de mètres du port de Calais, les tentatives d’intrusions étaient quasiment quotidiennes. On se souvient aussi, en janvier 2016 au retour d’une manifestation pacifique en centre-ville, que près de deux cents migrants étaient parvenus à déjouer la vigilance des forces de l’ordre pour s’introduire dans l’enceinte du port.

Source : La Voix Du Nord

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