PARTAGER

Face aux délais qui s’allongent, un marché noir s’est mis en place. Au programme, débrouille, réductions et enquêtes de police, explique « Le Monde ».

Il y a quelques années, les étrangers pouvaient passer la nuit devant une préfecture dans l’espoir d’obtenir un titre de séjour. Une situation qui créait de véritables business, certains proposant de revendre leur place dans la file. Désormais, la prise de rendez-vous se fait en ligne. La guerre du clic a remplacé les rangs d’oignons noctambules. Mais une chose perdure : le marché noir sur lequel s’échangent des places à prix d’or, révèle Le Monde.

Prendre un rendez-vous grâce aux sites web des préfectures relève souvent du parcours du combattant. Il faut en général compter plusieurs mois d’attente. Mais pour les revendeurs, cela ne semble pas poser de souci, eux qui semblent capables de proposer au pied levé le rendez-vous nécessaire. « Pour la préfecture de Bobigny, comptez 15 euros pour une demande de renouvellement de titre de séjour », explique ainsi un vendeur au Monde. D’une préfecture à l’autre et d’un service à l’autre, les délais et les tarifs peuvent varier considérablement, jusqu’à atteindre les 200 euros. Sur Facebook, les revendeurs n’hésitent pas à proposer des propositions toujours plus alléchantes, mettant en avant des offres de parrainage ou même des commissions. Grâce à des programmes, ils expliquent pouvoir détecter automatiquement les créneaux libres et ainsi les réserver rapidement.

Un phénomène identifié

Du côté de l’État, le problème est bien connu. Le ministère de l’Intérieur assure même que « les faits sont signalés à la justice ». Concrètement, des enquêtes ont été ouvertes en début d’année par les parquets de Bobigny et Nanterre. Mais si ce système existe, c’est aussi une réponse au manque d’offre de rendez-vous de la part des préfectures. Une situation notamment pointée du doigt par la Cimade. « Le problème, c’est le manque de créneaux mis à disposition. L’administration ne dispose pas de moyens suffisants et les étrangers en pâtissent », souligne Nicolas Klausser, responsable des questions de séjour à la Cimade.

Interrogé par Le Parisien, un jeune majeur expliquait pourquoi il avait eu recours à cette solution. « Cette convocation, j’ai essayé de l’avoir pendant trois mois, mais ça n’a jamais fonctionné, alors j’ai payé 120 euros à un homme qui a réussi à prendre rendez-vous pour moi. »

Trois millions de personnes en France possèdent un titre de séjour. Autant de candidats à un précieux sésame pour un renouvellement de titre de séjour, une naturalisation, ou encore l’échange d’un permis de conduire étranger. Pour ceux qui ne parviennent pas à obtenir un rendez-vous, la situation cause « de gros problèmes de rupture de droit au travail ou aux prestations sociales », souligne Nicolas Klausser auprès du Monde.

Source : Le Point

La bibliothèque de Tepa

Livres à lire sur le sujet. Soutenez financièrement l’action de Patriote Info en achetant l’un des livres de sa bibliothèque.

Publicité
loading...