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(Photo d’illustration : François Destoc/Le Télégramme)

Au tribunal de Lorient était jugée, ce mardi 11 août, une affaire singulière en apparence – des histoires de vaudou. Dans la pratique : un homme jugé pour violences conjugales au cœur de l’été…

Le 11 août 2020, au tribunal de Lorient, un homme âgé de 32 ans était jugé pour des faits de violence ayant entraîné une incapacité de travail sur sa femme, enceinte de trois mois. Le prévenu nie les faits : « Depuis 2006 et notre rencontre à Douala (Cameroun), je ne l’ai jamais frappée ». Des menaces au couteau et des coups ont pourtant déjà été rapportés en 2015 et le couple se dispute souvent.

Des raisons financières

Le 3 août 2020, pour sortir avec ses amis, il demande de l’argent à sa femme qui lui répond qu’il n’y en a plus. S’enchaînent coups de pied à la tête, dans le ventre et le dos – elle se serait tapé la tête sur l’armoire et sur le coin du lit selon la victime – puis serait allée chercher de l’argent à la cave sans jamais revenir. Le prévenu déclare avoir amené ses quatre enfants sur les lieux des faits « pour qu’ils soient témoins ». Interrogée, l’aînée de la fratrie âgée de 8 ans n’a pu confirmer les déclarations du prévenu car elle n’était pas présente lors des faits. C’est la police que le trentenaire a vu frapper à la porte ce 4 août 2020.

Un esprit divinatoire en cause

« Suicidaire » selon son mari, la victime a déclaré avoir répondu à un esprit divinatoire qui lui aurait intimé de cacher l’argent à la cave. Elle a changé ses déclarations à plusieurs reprises « Parce que j’étais énervée » a-t-elle déclaré. « Elle me fait des histoires, comme toujours », déclare le prévenu à quelques mètres de sa femme, assise au premier rang de la salle, qui n’a pas porté plainte après les faits et ne s’est pas constituée pas partie civile.

« Je vois des serpents »

Pendant sa détention provisoire, le prévenu a été hospitalisé à l’EPSM Charcot, à Caudan, où des hallucinations ont été confirmées. « Depuis qu’on est en France, je vois des serpents et ma femme a commencé à faire des prières. On a appelé au pays et le chaman nous a recommandé de tuer un chameau », explique le trentenaire qui reste lui-même sceptique quant à ces croyances. Il suit un traitement prescrit dans les cas de schizophrénie.

En situation irrégulière sur le territoire – après une demande d’asile refusée et un appel rejeté – le prévenu sortait depuis mars 2020 du centre pénitentiaire de Ploemeur pour possession de stupéfiants en récidive.

La cour le relaxe, le dossier manquant de pièces justificatives. Le procureur avait requis un an d’emprisonnement, six mois de sursis probatoire pendant deux ans et obligation de soins.

Aurore Thibault

Source : Le Télégramme

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