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© Sputnik . Maksim Bogodvid

Le maire d’Albertville déplore, dans une tribune publiée dans le Figaro, de ne pas pouvoir s’opposer juridiquement à la construction d’une école privée financée par l’association pro-turque Confédération islamique Millî Görüs, celle qui est déjà derrière la controversée mosquée de Strasbourg.

Le tribunal administratif de Grenoble vient de condamner Frédéric Burnier-Framboret, le maire d’Albertville (Savoie) à signer un arrêté autorisant la construction d’une école privée par l’association islamiste pro-turque Confédération islamique Millî Görüs (CIMG).

C’est la même association qui est en train de construire la mosquée polémique de Strasbourg. Elle est en outre l’une «des trois organisations à avoir refusé de signer la charte des principes pour l’islam de France», rappelle l‘édile dans une tribune publiée dans le Figaro. La mosquée d’Albertville, rappelle-t-il encore, a été achevée en 2014.

«Cette construction d’école s’inscrit dans le projet global de la fédération européenne dépendant du CIMG: construire des écoles après avoir réalisé des mosquées», avertit l’élu.

Des conséquences «dramatiques»

Le futur établissement, «prodiguant un enseignement « hors contrat », sur des bases et des valeurs premières qui ne sont pas celles de notre République», pourra accueillir plus de 400 élèves, l’équivalent d’un quart des écoliers de la commune. Cette ampleur «aura des conséquences immédiates dramatiques: la fermeture de plusieurs classes, voire à terme d’une école publique», lance ce maire, en poste depuis 2017.

La construction est prévue au cœur d’un quartier de 3.000 habitants «classé prioritaire au titre de la politique de la ville». Un projet «démesuré et inadapté au territoire», selon Frédéric Burnier-Framboret.

Une polarisation redoutée

«La crainte clairement exprimée de ses dirigeants [de Millî Görüs] est l’assimilation de la jeunesse turque aux valeurs républicaines de la France; ils militent en faveur d’une partition territoriale qui polarise la vision de la société entre un « nous » et un « eux »», ajoute-t-il.

L’État, déplore l’édile, «ne donne pas aux maires des moyens législatifs efficaces pour contrer et empêcher ce type d’implantations (…) qui mettent en péril les fondements de notre société par l’éducation de nos enfants». «Il est urgent que le Parlement adopte des dispositions législatives adaptées pour permettre aux maires de contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères», conclut-il.

Controverse autour de la mosquée de Strasbourg

Face à la polémique accompagnant la décision du conseil municipal de Strasbourg, lequel a voté une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée, les tensions se sont intensifiées ces derniers temps autour de la question de l’islam radical. Elle devrait en effet compter parmi les plus grandes d’Europe.

La préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier a décidé de saisir le tribunal administratif de la «délibération litigieuse».

L’imam de Drancy Hassen Chalghoumi a pour sa part dénoncé une offensive de l’islam politique et «l’ingérence» de la Turquie dans le projet, et a demandé la dissolution de l’association Millî Görüs. Plus largement, il a critiqué l’avancée de l’islam politique en France.

Le ministère de l’Intérieur a également pointé, sur BFM TV, le radicalisme de Millî Görüs, évoquant une «ingérence étrangère». Marlène Schiappa, quant à elle, a estimé que «la maire de Strasbourg doit renoncer à ce financement».

Source : Sputnik France

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