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Une salle d’audience du tribunal de Marseille. — B. Langlois / AFP

Un père de famille,était à la barre du tribunal de Marseille pour enlèvement et séquestration après avoir livré à la police le meurtrier présumé de son fils

  • Ce vendredi, un père de famille comparaissait devant le tribunal correctionnel de Marseille pour « enlèvement et séquestration ».
  • Cet homme a livré à la police un suspect du meurtre de son fils à Marseille.
  • L’affaire a été renvoyée à un juge d’instruction pour de plus amples investigations.

Vengeance ​ ou coup de main à la police ? Un père de famille qui était allé arrêter au cours d’une opération musclée un suspect du meurtre de son fils, avant de le livrer au commissariat, a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Marseille. « J’ai pas cherché à être un héros. J’ai pas cherché à venger mon fils (…). C’était pas pour ridiculiser ni la police ni la justice », a déclaré cet homme de 49 ans, manutentionnaire de profession.

Samedi, son fils d’une quinzaine d’années, est mort, poignardé au cours d’une rixe dans une cité HLM de Marseille. Deux mineurs, dont un a également été blessé d’un coup de couteau, ont depuis été arrêtés et mis en examen.

« Enlèvement et séquestration »

Le père de la victime est soupçonné d’avoir fait irruption en pleine nuit chez un troisième suspect, désigné par la rumeur et que les policiers n’avaient pas arrêté, accompagné de deux de ses amis et d’un demi-frère de l’adolescent tué. Le suspect aurait été frappé puis enfermé dans le coffre d’une voiture qui l’a transporté au commissariat. Depuis il a été mis en examen et écroué.

Au terme de leur garde à vue, le père et ses trois complices ont comparu vendredi pour « enlèvement et séquestration », à la demande du parquet. Mais comme le voulaient leurs avocats, les juges ont préféré renvoyer l’affaire à un juge d’instruction pour des « investigations supplémentaires et approfondies ». Au tribunal, le père de famille, qui a déjà eu affaire à la justice il y a une quinzaine d’années pour une affaire de violence avec arme et qui a fait un infarctus après le meurtre de son fils, a expliqué avoir agi « spontanément ».

« J’avais la haine »

Après le meurtre, « je n’ai eu aucun appel d’un psy ou de la police. C’est comme si on avait tué un chien », a-t-il affirmé, expliquant avoir appris par la rumeur dans quel appartement vivait un probable suspect. « On n’avait pas l’intention de le tuer, je l’ai pris et je l’ai livré à la police. J’avais la haine mais je ne l’ai pas assassiné, je n’ai pas rendu justice moi-même ».

L’information judiciaire devra déterminer si le père et ses complices ont bien tenté, comme ils l’affirment, d’appeler la police pour qu’elle intervienne, avant de passer à l’action. Elle devrait également permettre une confrontation avec la petite amie du jeune qui a été livré aux policiers, qui était présente dans l’appartement et a reçu une gifle.

Source : Profession Gendarme

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