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Vendredi, les avocats ont jeté leur robe dans la salle des pas perdus du tribunal de Paris en guise de contestation. LP/Olivier Arandel

Les avocats se sont présentés en nombre aux comparutions immédiates pour y énoncer, longuement, chaque point de nullité de procédure.

Nouvelle stratégie pour les avocats de Paris. Ceux mobilisés contre la réforme des retraites ont obtenu lundi la libération sans procès de plusieurs prévenus en pratiquant une « défense massive » lors d’une audience houleuse de comparutions immédiates, un mode d’action dénoncé par le procureur de Paris.

Après une semaine de grève dure à Paris, pendant laquelle des prévenus ont comparu sans avocats commis d’office, les robes noires ont changé de méthode lundi : elles se sont rendues en nombre aux comparutions immédiates pour y plaider longuement chaque point de nullité de procédure.

Leur stratégie a ainsi conduit la 2e section de la 23e chambre correctionnelle à remettre en liberté au moins sept prévenus qui avaient été présentés hors délais devant le tribunal à l’issue de leur garde à vue.

Des faits de vols ou conduite en état d’ivresse

Selon une source judiciaire, ces hommes comparaissaient, selon les cas, pour des faits de vols, vols en réunions, conduite en état d’ivresse en récidive ou blessure involontaire par conducteur.

« Dès qu’on fait 100 % notre métier et qu’on soulève toutes les nullités, la machine se grippe », a déclaré Me Guillaume Grèze en marge de cette audience marquée par plusieurs incidents, se défendant « de toute manœuvre d’obstruction ».

« Il n’y a pas de justice sans avocat, et à partir du moment où nous sommes menacés sur nos retraites et nos cotisations de retraites, qui doubleraient de 14 % à 28 % pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 40 000 euros par an, c’est tuer économiquement notre métier », a-t-il justifié.

C’est « extrêmement grave »

Venu en personne à l’audience, le procureur de la République Rémy Heitz a jugé « extrêmement grave » que « ce mouvement conduise à la remise en liberté de personnes susceptibles de réitérer des infractions ».

« À mes yeux, les limites sont ici clairement dépassées », a-t-il ajouté, dénonçant une « forme d’obstruction ».

« Aujourd’hui, ce sont les personnes en attente d’un avocat d’office, auteurs comme victimes, qui souffrent de cette situation […] et les conséquences pour la sécurité de nos concitoyens sont importantes », a mis en garde le procureur.

Source : Le Parisien

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