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La pharmacienne de Nogent-sur-Oise accusée d'avoir vendu des masques malgré les interdictions encourait jusqu'à 10 000 euros d'amendes et 6 mois de prison. • © V.Cruard/FTV

Une pharmacienne de Nogent-sur-Oise a été condamné jeudi 18 juin à 500 euros d’amende par le tribunal de Senlis. Pendant le confinement et la crise sanitaire, elle avait vendu des masques au grand public alors que cela venait d’être interdit.

A 72 ans, Anny Bauman se défend d’avoir voulu « profité de la situation ». La pharmacienne de Nogent-sur-Oise a reconnu les faits en procédure de plaider coupable. Le 23 mars, elle est prise en flagrant délit de vente de masques alors que des décrets l’interdisaient, ces protections étant réservées aux professionnels de santé.

Pression des clients

« J’étais depuis un certain temps harcelée et mise sous pression pour la délivrance de masques, explique celle qui exerce depuis 44 ans. Ayant connu la crise du H1N1 il y a 10 ans, j’avais acheté des masques en décembre. Je n’ai pas fait attention à l’arrêté qui venait de tomber. Les masques étaient dans une corbeille, à la portée de tout le monde. Le prix était affiché : c’était un euro. Je n’ai pas voulu faire un chiffre d’affaire particulier avec ces masques. C’était plus pour moi un besoin humanitaire, de santé publique. Et je ne comprends toujours pas pourquoi on n’avait pas le droit de vendre des masques alors qu’on en avait »

Mais ce qui est reproché aussi à la professionnelle, c’est de ne pas avoir donné ses masques à l’agence régionale de santé alors que tout ce matériel faisait l’objet de décrets de réquisition. Elle affirme ne pas été mise au courant de cette obligation. Selon Anny Bauman, c’est la pression des clients qui l’a incitée à vendre son stock. La pharmacienne dit avoir été très marquée par l’agression qu’elle a subie de la part d’un client auquel elle avait refusé de vendre des masques donnés par l’Etat : « je lui ai dit qu’ils étaient réservés et qu’on ne pouvait plus en donner aux clients. Il était très violent. Il a donné des coups de pied dans un présentoir qu’il a cassé et il est parti en claquant la porte. On était constamment confrontés à ce genre de problème. »

Convoquée devant la chambre disciplianire du Conseil de l’Ordre

La pharmacienne a accepté la peine proposée lors de la comparution de reconnaissance préalable de culpabilité. Une procédure dans laquelle le Conseil national de l’ordre des pharmaciens s’est porté partie civile. Le président du Conseil régional de l’ordre a quant à lui porté plainte. Il estime qu’Anny Bauman a porté atteinte à l’image de la profession. « La quasi-totalité des pharmacies et des pharmaciens ont respecté les consignes données par les autorités de santé, explique Alain Alapini. Et je ne voudrais pas que des cas isolés, marginaux ne viennent entacher le travail formidable qui a été réalisé par les pharmaciens ».

Anny Bauman, qui a reçu beaucoup de messages de soutiens dans cette affaire, sera prochainement convoquée devant la chambre de discipline de l’ordre des pharmaciens. « Je suis choquée. C’est difficile à comprendre, à admettre. Ce n’est pas très logique qu’on ne puisse pas vendre des masques alors qu’on en avait. Et j’en avais beaucoup », conclut-elle.

Elle encourait jusqu’à 10 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement.

Source : France 3

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