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© AFP 2019 PIERRE VERDY

Le gouvernement français tente de «restreindre la liberté d’expression», déclare dans son article d’opinion pour The Hill un professeur de droit à l’Université George Washington. Selon lui, les États-Unis et d’autres pays peuvent aussi en subir les conséquences.

Dans son article publié dans The Hill le 7 juillet, Jonathan Turley, professeur de droit à l’Université George Washington, s’en est pris aux autorités françaises pour leur politique en matière de liberté d’expression.

«La triste ironie est de voir la France prendre la tête des pays visant à restreindre la liberté d’expression. Autrefois bastion de la liberté, la France est aujourd’hui devenue l’une des plus grandes menaces mondiales pour la liberté d’expression», indique-t-il.

Selon lui, avec une nouvelle législation, le Président français veut «imposer unilatéralement le contrôle de la parole sur Internet».
Il cite notamment le projet de loi Avia contre la haine sur la Toile, en discussion à l’Assemblée nationale. Les députés ont adopté le 4 juillet l’article 1 de ce texte proposé par la députée LREM Laetitia Avia, lequel oblige les réseaux sociaux à retirer en moins de 24 heures les «contenus haineux».

Effet de l’«exemption californienne»

Jonathan Turley estime que ces mesures prises en France peuvent avoir des répercussions sur les États-Unis.

«En ce qui concerne les contrôles de la liberté d’expression, les Européens savent qu’ils peuvent limiter [la liberté, ndlr] d’expression non seulement dans leurs pays, mais aussi aux États-Unis et ailleurs», a-t-il souligné.

Il s’agirait d’un effet similaire à l’«exemption californienne». La Californie est en effet le seul État américain à pouvoir fixer des normes plus strictes afin de limiter la pollution due aux voitures. Les constructeurs automobiles adaptent alors l’ensemble de leurs voitures à ces normes plus strictes plutôt que de produire des véhicules particuliers pour la Californie.

Par conséquent, M.Turley estime que les décisions des pays européens, dont la France, frappent «dans l’angle mort de la Constitution des États-Unis». Il rappelle que «le Premier amendement fait un excellent travail pour empêcher les actions du gouvernement contre la liberté d’expression».

Réactions en France

En commentant cet article, l’homme politique Yves Pozzo di Borgo s’est demandé s’il fallait que «ce soit les Américains» qui «fassent la leçon» à la France.

Un internaute a estimé que les Français «ne seraient pas prêts à accepter une liberté d’expression à l’américaine».

Certains sont toutefois d’accord, écrivant que «la France devient un mauvais exemple en termes d’atteinte à la liberté d’expression».

Source : Sputnik France

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