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Emmanuel Macron lors des vœux aux Armées le 16 janvier à Orléans. - JULIEN DE ROSA via Getty Images

Le président de la République a dû être exfiltré du théâtre en raison d’une tentative d’intrusion.

“Exfiltration”. Ce terme, qui désigne habituellement l’évacuation d’un agent secret d’une zone dangereuse, accompagnera désormais ce quinquennat: Emmanuel Macron a été “exfiltré” vendredi 17 janvier d’un théâtre parisien où il assistait à une pièce avec son épouse, quand des opposants à la réforme des retraites tentaient d’aller au contact du chef de l’État.

Selon le verbatim élyséen, le président de la République a été “sécurisé” durant quelques minutes, soulignant ainsi que sa sécurité a bien été compromise. Ce que dit sur Twitter, en d’autres termes, son ex-garde du corps, Alexandre Benalla: “On exfiltre un président de la République en cas de menaces imminentes d’atteinte à sa vie ou à son intégrité physique”.

Le déplacement du couple présidentiel n’était inscrit à aucun agenda, et entrait donc dans un cadre strictement privé. Pour autant, cela ne signifie pas que ce genre de sortie se fait sans filet de sécurité. Plusieurs agents de la direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR) -au moins quatre personnes- couvrent ces déplacements prisés par Emmanuel et Brigitte Macron.

Un dispositif “soumis à la validation du chef de cabinet du président”, souligne au HuffPost Alexandre Benalla, précisant que des “soutiens locaux” sont souvent agrégés au système. Des renforts en civil, souvent issus du renseignement, s’occupent de missions liés à “la physionomie de la périmétrie” et d’autres “en tenue” composent “une réserve d’intervention”, censée “intervenir en cas de problème”.

Ce qui correspond peu ou prou à ce qui a été observé hier soir. “Malgré nos efforts, des personnes ont réussi à ouvrir une des portes donnant à la salle perturbant ainsi la pièce de théâtre”, détaille le rapport d’intervention de police, cité par LCI, précisant que l’usage de la force a été décidé afin que les manifestants “ne puissent s’en prendre physiquement au président de la République”.

“Un trou dans la raquette”

Dans la soirée, l’Élysée a précisé que le chef de l’État était revenu sur place pour assister à la fin de la pièce de théâtre. Comme pour souligner que l’incident était -au final- sans gravité et qu’aucun dysfonctionnement majeur de l’appareil sécuritaire élyséen n’était à déplorer.

Une vision des choses que ne partage pas Alexandre Benalla: “Il y a quand même un trou dans la raquette avec la présence de Taha Bouhafs, trois rangées derrière le président. Dans ce genre de sortie, on effectue un criblage pour savoir qui est dans la pièce et s’il n’y a pas de personnes fichées. Si c’est une salle qui vend les billets à la dernière minute, on met en place des physionomistes appartenant aux unités de renseignements qui connaissent très bien leurs ‘clients’”.

Et de poursuivre: “soit ils le savaient et l’ont signalé, mais la décision politique était de rester avec un risque assumé avec les conséquences en termes d’images. Soit il n’a pas été signalé, et il y a là un vrai problème”.

Le précédent du Puy-en-Velay

Il y a un an, le chef de l’État avait pourtant revu ses ambitions à la baisse du côté des sorties après l’incident du Puy-en-Velay. En décembre 2018, au plus fort de la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron avait été conspué en sortant de la préfecture de Haute-Loire qui avait été incendiée, et avait vu le cortège présidentiel poursuivi par des opposants qui espéraient interrompre sa marche.

Un épisode dont il était ressorti “marqué” selon son entourage, et qui avait contraint le président de la République à se mettre en retrait. Le Monde racontait à cette époque que le couple Macron avait tiré un trait sur les sorties au “vrai” cinéma et que le président avait renoncé à plusieurs déplacements officiels.

Depuis, de l’eau a finalement coulé sous les ponts, puisque fin décembre, un article du Figaro révélait que le couple avait conservé son habitude d’une sortie hebdomadaire et qu’il gardait son goût des déplacements improvisés, comme lors de la visite inopinée au pré-vernissage du peintre Pierre Soulages au Louvre début décembre. Des escapades privées avec un dispositif restreint qui ont peut-être pris fin avec l’épisode des Bouffes du Nord.

Source : Huffingtonpost

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