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Le président a dû être évacué quelques instants du théâtre parisien, alors que des dizaines de personnes se rassemblaient à l’extérieur du théâtre.

 

La soirée ne s’est pas terminée comme prévu. Emmanuel Macron a été évacué assez rapidement vendredi soir du théâtre des Bouffes du Nord, dans le 10e arrondissement de Paris, où il assistait au spectacle “La Mouche”.

Le président a brièvement quitté les lieux vers 22h pendant que des manifestants se rassemblaient à l’extérieur de la salle de spectacle. Selon l’entourage du président, une trentaine de personnes ont tenté d’entrer dans le théâtre, avant d’être rapidement dispersé par les forces de l’ordre, selon plusieurs journalistes.

“On ira jusqu’au retrait”

Le couple présidentiel est revenu quelques minutes après et a pu assister jusqu’au bout à la pièce avant de quitter les lieux en voiture sous escorte policière.

Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, les dizaines de personnes réunies à l’entrée du théâtre contestaient la réforme des retraites et ont été entendus scandant “on ira jusqu’au retrait” ou “tous ensemble, grève générale”.

Emmanuel Macron assistait à la représentation avec son épouse Brigitte Macron. Il “continuera de se rendre au théâtre comme il a l’habitude de le faire et veillera à ce que des actions politiques ne perturbent pas la liberté d’expression la liberté des artistes et la liberté de création”, a assuré son entourage.

Message d’un journaliste militant

Les manifestants auraient été prévenus par le tweet d’un journaliste militant Tahar Bouhafs, présent dans la salle et assis trois rangées derrière le couple présidentiel. Il avait ensuite demandé à ses dizaines de milliers d’abonnés s’il devait ou non lancer ses chaussures sur le président, à l’image du célèbre geste d’un journaliste irakien contre le président américain Georges W. Bush en 2008. “Je plaisante (…) la sécu me regarde bizarre là”, avait-il ensuite précisé

Le journaliste militant Taha Bouhafs, âgé de 22 ans, a été ensuite interpellé et emmené au commissariat. Il a ensuite été placé en garde à vue pour “participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations”, a précisé une source judiciaire à l’AFP.

Le journaliste David Dufresne avait également signalé la présence du chef de l’Etat sur son compte Twitter dans un autre message paru une dizaine de minutes avant. Il s’est également rendu devant le commissariat du 5e arrondissement par la suite.

“On était à l’université Paris 7 pour une université populaire, quelqu’un a reçu un message indiquant que Macron était là, donc on est venus pour montrer qu’on est présents, qu’il y a une contestation contre la réforme des retraites mais pas seulement”, a expliqué Arthur Knight, l’un des manifestants.

“Président @EmmanuelMacron @BouffesDuNord, intrusion @CFDT, cérémonies de vœux des députés @LaREM_AN et ministres empêchées ou annulées. Les auteurs de ces agressions sèment la violence et la discorde. Nous les ferons reculer par le rassemblement des Français et la solidarité”, a réagi le patrons des députés LREM Gilles Le Gendre.

“Dans quel régime sommes-nous pour qu’un président, furieux que des manifestants le conspuent à l’extérieur d’un théâtre, fasse arrêter un journaliste qui s’y trouvait et qui vait osé communiquer sur sa présence ? #monarchie #liberezTaha”, a accusé le député Insoumis Eric Coquerel.

Peu visible en public depuis des semaines, Emmanuel Macron n’a pas fait de bain de foule depuis son passage à Amiens les 21 et 22 novembre, avant la réforme des retraites.

Alexandre Benalla commente l’événement

Taha Bouhafs, connu pour avoir filmé Alexandre Benalla en train de violenter un couple à Paris le 1er mai 2018, avait déjà été placé en garde à vue en juin alors qu’il couvrait une manifestation en banlieue parisienne, s’attirant le soutien d’une partie de la profession. Il doit être jugé le 22 février à Créteil pour “outrage et rébellion”.

L’ancien responsable de la sécurité d’Emmanuel Macron, visé par cinq procédures judiciaires et mis en examen dans deux d’entre elles, n’a pas manqué de réagir sur Twitter: “On exfiltre un Président de la République en cas de menaces imminentes d’atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. Pour l’ordre public on prend des mesures en amont, on se renseigne, on mobilise, on tient la position ! L’image de la fuite est toujours catastrophique”, a-t-il écrit.

Au 44e jour de grève contre la réforme des retraites, plusieurs autres actions ciblées ont été menées vendredi par les opposants à la réforme: une intrusion au siège de la CFDT, favorable au système universel de retraite par points dénoncé par les grévistes et le blocage de l’entrée de la pyramide du Louvre.

La secrétaire d’Etat Marlene Schiappa a aussi dénoncé vendredi l’attitude “très menaçante” d’opposants qui l’ont prise à partie jeudi soir lors d’une réunion publique et dénoncé des tentatives d’intimidation. “Ces violences sont une honte pour notre démocratie”, a réagi M. Macron en début de soirée au sujet de l’intrusion au siège de la CFDT.

Source : Huffingtonpost

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