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© Sputnik . Ирина Калашникова

Dans une interview au Figaro, la députée LREM Delphine Bagarry a exprimé son indignation à la suite du discours d’Emmanuel Macron sur l’immigration, disant avoir l’impression d’écouter un responsable du Front national. Lundi 16 septembre, le chef de l’État avait appelé à la fermeté sur le droit d’asile.

Réagissant aux récents propos du président de la République, l’élue LREM des Alpes-de-Haute-Provence Delphine Bagarry, dans le Figaro, a estimé qu’elle avait « l’impression d’écouter non pas l’homme de la campagne présidentielle mais un responsable du Front national». «Comment le président peut-il lier le sujet de l’immigration à celui des demandeurs d’asile et du vote FN? C’est un amalgame!» a poursuivi la députée LREM, «choquée» par le discours d’Emmanuel Macron.

Lundi soir, le chef de l’état français s’était adressé aux parlementaires de sa majorité ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement, notamment sur la question du droit d’asile : «Les flux d’entrée n’ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d’asile jamais aussi hautes en France». «En prétendant être humaniste on est parfois trop laxiste», a-t-il affirmé. «La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problème avec cela: ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite. On est comme les trois petits singes: on ne veut pas regarder», a-t-il poursuivi.

«Un discours vaguement sarkozyste, ça ne marche pas. Oui, il faut parler d’immigration, mais pas en reprenant les concepts de nos adversaires » a ajouté Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse.

La majorité divisée sur la question de l’immigration

À deux semaines du débat parlementaire qui portera sur ce sujet sensible, Emmanuel Macron ouvre la marche en durcissant le ton, provoquant des contestations au sein de son propre parti. Des contestataires qui restent cependant minoritaires. « On a identifié entre vingt et trente députés sensibles, soit 10 % du groupe. Le président est prêt au sacrifice », indique une source parlementaire.

Dès le lendemain de l’allocution du président, une quinzaine de députés LREM ont remis en cause ses propos à travers une tribune, mettant en avant une «intégration réussie dans les territoires». «Ne laissons pas le débat de l’immigration aux conservateurs et à la droite. Ne le laissons pas dériver vers une palabre sécuritaire, protectionniste ou identitaire», protestent les signataires.

Source : Sputnik France

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