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Capture d'écran

Le chef de l’État a pris pour cible les « simili-journalistes », « l’esprit de lapidation » et « l’espèce d’ordre moral autoproclamé » qui s’observent sur les réseaux sociaux.

 

“La société du commentaire permanent n’est pas la société de l’information”. Ce mercredi 15 janvier à l’Élysée, Emmanuel Macron recevait les journalistes à l’Élysée pour ses traditionnels vœux à la presse. Alors que l’année 2019 a été marquée par des moments de tensions entre le pouvoir et la profession, caractérisés notamment par la convocation de journalistes par la DGSI après des révélations sur les activités de la France au Yémen, le chef de l’État a d’abord tenu à rappeler son attachement à la liberté de la presse.

Le président de la République s’est ensuite attardé sur deux thèmes qu’il avait déjà abordés par le passé: les excès des réseaux sociaux et la diffusion de fake news via ces canaux. Dans sa ligne de mire: “la pression”, “les effets de foules” et “l’ordre moral” qui s’observent sur plusieurs plateformes.

“Quelque chose s’installe”

“Il y a une forme de paradoxe dans l’époque que nous vivons, où la liberté absolue sans aucun tabou conduit à ce qu’on puisse lapider du jour au lendemain ceux que l’on avait célébrés, que l’on puisse lapider celles et ceux avec qui on avait pu se monter conciliants”, a souligné Emmanuel Macron, pointant un “ordre moral spontané qui émerge sur des questions ou des causes”, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Sans juger de la qualité des sujets en question, le locataire de l’Élysée a fait part de son inquiétude. “Quelque chose s’installe, collectivement, dans la sphère politique et médiatique, qui doit nous préoccuper et qui aussi doit devenir un sujet de réflexion pour votre liberté”, a poursuivi Emmanuel Macron, prenant l’exemple du New York Times qui a récemment décidé de renoncer aux dessins de presse, après des polémiques déclenchées sur les réseaux sociaux.

Le tacle aux “simili-journalistes”

Autre motif d’inquiétude pour Emmanuel Macron, la multiplication des producteurs d’images dans les manifestations, où le recours à la GoPro ou au smartphone s’est démocratisé. Ciblant les “simili-journalistes” qui publient sans filtre (et souvent en direct) des séquences sur les réseaux sociaux, le chef de l’État a estimé que ces acteurs pouvaient nuire à la presse.

“Si chacun dans la rue peut faire du journalisme avec son téléphone portable sans qu’on puisse savoir qui, comment et à quel moment … alors il n’y aura plus de journaliste”, a déclaré le président de la République, qui a ajouté: “la société du commentaire permanent n’est pas la société de l’information”. Une référence indirecte à plusieurs journalistes spécialisés dans les mouvement sociaux, souvent en délicatesse avec les forces de l’ordre et qualifiés de “militants” par leurs détracteurs macronistes.

Mais là encore, ce sont les réseaux sociaux qui en ont pris pour leur grade, dans la mesure où, selon lui, leur apparition “a bousculé le rapport à la vérité”. En contre-point, le président de la République a salué le travail de vérification fait par plusieurs rédactions, dont la cellule AFP Factuel de l’Agence France Presse qu’il a nommément citée à la tribune.

Source : Huffingtonpost

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