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© Photo / Pixabay / PhotoMIX-Company

Le journaliste de France 2 Laurent Delahousse a coupé court au brouhaha de ses invités lors d’un débat sur les régionales. Il a indiqué commencer à «comprendre les Français» qui ne vont plus voter. Plus tard, il a critiqué le traitement médiatique de la politique, lequel ne s’axe plus sur les «sujets essentiels».

Co-animant un débat sur les élections régionales et départementales, Laurent Delahousse a lâché une remarque qui n’est pas passé inaperçue. Dimanche 20 juin, sur le plateau de France 2, le journaliste a été agacé par ses invités, notamment Marlène Schiappa et Olivier Faure, lesquels ne cessaient de se couper la parole.

«Ça fait longtemps que je n’avais pas animé de débat politique, je commence à vraiment comprendre les Français de plus en plus», a-t-il lancé, faisant référence au taux d’abstention historique (68%) qui venait d’être annoncé dans la soirée.

«Il y a 33 millions de Français qui ne votent plus et c’est parce qu’il y a parfois des débats stériles», a-t-il ajouté. Les invités s’écharpaient ici sur les distributions défaillantes de matériel électoral constatées dans plusieurs communes, gérées en partie par l’entreprise privée Adrexo, laquelle a été convoquée ce lundi au ministère de l’Intérieur.

Système médiatique

Également présente sur le plateau, Rachida Dati a ensuite donné raison à sa remarque, mais a pointé le rôle des journalistes dans le désintérêt de la population pour la politique. «Les débats deviennent politiciens, ça écœure les Français quand on ne parle plus d’eux mais que de nous», a-t-elle lancé. Des propos auxquels a adhéré le journaliste.

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon, qui a déploré le faible taux de participation, a appelé à s’interroger sur «le débat public de ces derniers mois». Il estime que celui-ci s’est concentré sur des polémiques plutôt que sur des programmes ou des problématiques relevant des compétences des départements et des régions.

Plus tard dans l’émission, Laurent Delahousse s’est lui-même lancé dans une critique du traitement médiatique de la politique. Pointant le fait que certaines rédactions ne sont «parfois plus dirigées par les journalistes», il a affirmé que «le produit d’information» est devenu «un objet de consommation». Et de conclure: «on ne traite plus parfois les sujets qui sont essentiels pour les Français, mais ceux qui potentiellement font du public».

Source : Sputnik France

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