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WASHINGTON, DC - MAY 30: EU Ambassador to the United States David O'Sullivan speaks during a forum to discuss the U.S. decision to withdraw from the Iran nuclear deal and its affects to relationship between the United States and the European Union, at the Woodrow Wilson Center, on May 30, 2018 in Washington, DC. Mark Wilson/Getty Images/AFP

L’ambassadeur de l’UE à Washington a été abaissé au rang de «chef de délégation», sans même en avoir été officiellement informé.

De notre correspondant à Washington

David O’Sullivan, un vétéran irlandais de la Commission européenne en poste à Washington depuis plus de quatre ans, a découvert par hasard que son étoile avait pâli dans la capitale américaine. Lors des cérémonies en hommage à feu l’ancien président George H. W. Bush au Capitole début décembre, son nom a été appelé à la 173e position au lieu de la 27e place qui était la sienne jusque-là, juste derrière l’ambassadeur de France Gérard Araud.

Un retrait en catimini
Ce brutal recul dans l’ordre protocolaire lui a signalé qu’il n’avait plus rang «d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire» aux yeux du gouvernement américain, mais seulement celui de «chef de délégation», à l’instar du représentant de l’Union africaine. À travers sa personne, et au-delà de cette petite humiliation personnelle, le gouvernement de Donald Trump a renvoyé l’Union européenne (UE) au statut d’organisation internationale, lui déniant celui d’égale des États. Elle avait obtenu ce statut en 2016 sous l’Administration Obama. Il lui a été retiré l’an dernier sans que le département d’État ne l’annonce publiquement, ni même n’informe les intéressés. La délégation européenne à Washington a confirmé mardi que le changement ne lui avait «pas été notifié».

L’hostilité de l’Administration Trump envers l’Union européenne n’est pas un mystère. Le président la décrit comme «un groupe de pays mis ensemble pour tirer avantage des États-Unis», en particulier sur le plan commercial. Il a passé sa première année à suggérer à tous les dirigeants européens qu’il rencontrait de «sortir de l’UE» à l’exemple des Britanniques, leur faisant miroiter un «deal» bilatéral plus avantageux. Lors d’un discours à Bruxelles le 4 décembre, consacré à «la restauration du rôle de l’État-nation dans l’ordre libéral international», son secrétaire d’État Mike Pompeo a vertement critiqué les «eurocrates», suggérant qu’ils œuvraient au détriment des citoyens européens.

L’immunité des diplomates en poste à Washington, en revanche, serait préservée

La délégation de l’UE à Washington dit être «en contact avec le département d’État» pour «examiner la question» de son statut diplomatique «et ses implications». Bruxelles garde l’espoir de voir la décision renversée: «En l’absence de faits nouveaux, nous ne voyons aucune raison de modifier les arrangements précédents», commente une source officielle dans la capitale américaine. Officieusement, le désarroi est plus palpable: «Nous ne sommes pas une simple organisation internationale, s’insurge un responsable. Il existe un Parlement européen et d’autres institutions politiques. L’enjeu est un peu plus grand que la question de savoir où l’on est assis à des funérailles.»

Les conséquences pratiques semblent pour l’instant limitées au domaine protocolaire. Le prochain représentant de l’UE, qui doit être nommé à l’été, ne présentera pas ses lettres de créances au président Trump. L’immunité des diplomates en poste à Washington, en revanche, serait préservée. «Mais vous devez vous interroger sur les motivations de cette Administration et sur les autres mesures qu’elle pourrait prendre», se méfie un diplomate.

source : lefigaro.fr

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