PARTAGER
"Je me retrouve comme tout le monde à regarder si mon voisin de métro mouche ou tousse." // Ada Yokota via Getty Images

Coronavirus : les dérèglements de la mondialisation l’ont rendu explosif

Cette épidémie surprise n’est-elle pas l’occasion d’ouvrir les yeux sur nos dérèglements et de trouver un nouvel équilibre pour notre futur?

Comme vous tous je suis surpris de la brutalité de cette épidémie. Alors que ce virus me semblait bien lointain il n’y a que quelques semaines, je me retrouve aujourd’hui à devoir changer mes plans, de travail et de vacances, à regarder si mon voisin de métro mouche ou tousse, à faire quelques provisions ici de nourriture, là de médicaments ou de quelques billets de banque.

Si j’ouvre le flux de l’information je m’inquiète immédiatement: “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés” disait La Fontaine du temps de la peste. Même chose? Je ne suis pas loin de le penser, à écouter la gravité des propos de nos dirigeants et l’importance des mesures prises.

Et puis ce matin, au bord de la Méditerranée, je descends dans la rue et je vois le soleil qui fait éclore le printemps, des joggeurs heureux et même des jeunes gens amoureux qui s’embrassent sur un banc public. Du coup, je rentre chez moi sans avoir dévalisé le supermarché ni le pharmacien, ou vidé la tirette de la banque….

Le coronavirus ne s’arrêtera de sauter d’un individu à l’autre que lorsque suffisamment d’entre nous l’auront rencontré et seront immunisés.

Alors je me demande quelle pièce est en train de nous jouer ce virus couronné. En fait, il n’en sait bien entendu rien lui-même. Le vivant ne se préoccupe jamais de ce qui résulte de sa course constante et effrénée à sa reproduction, à son adaptation à son environnement, à la perpétuation de ses gènes. Le virus n’est pas l’ennemi de l’homme même quand il le rend malade. Le vivant ne cherche que l’équilibre qui le stabilise. Celui qui lui permet de gérer au mieux ses ressources en un lieu et un moment donné. “Ici et maintenant, vivre en étant ancré dans la réalité présente” disent les philosophes! Mais le virus ne sait pas lire, il ne sait pas vivre seul, il ne sait que se lover au sein de sa cellule hôte et y dormir longtemps ou s’y multiplier au point de la tuer en la quittant pour une autre. Il ne s’arrêtera de sauter d’un individu à l’autre que lorsque suffisamment d’entre nous l’auront rencontré et seront immunisés. L’épidémie alors se résoudra et il n’y aura plus de malade, le vivant aura atteint un nouvel équilibre…

Par un drôle de retournement des choses, c’est le déséquilibre de la mondialisation effrénée qui a rendu ce virus si explosif et c’est la force des atteintes qu’il lui porte qui nous surprennent tant. Les bourses dévissent, dévissent, dévissent. Mais au fond de nous sommes-nous si étonnés? Ne devrions-nous pas en profiter, une fois encore, pour faire évoluer notre société en prenant exemple sur le biologique, cette fois autour de l’équilibre auquel la nature et le vivant tendent toujours, d’abord et avant tout?

Finalement, c’est en regardant et en appréciant les deux côtés des choses, l’explosion de l’épidémie à coronavirus d’une part qui affecte tant notre quotidien, et d’autre part le bien qu’elle fait à la planète en diminuant nos activités et leur impact sur le monde et les dérèglements qui en résultent, pour que nous trouvions peut-être, nous aussi, un nouvel équilibre pour notre futur. Advenir tout simplement!

Source : Huffingtonpost

Publicité