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Hier soir, samedi 4 mai, Eli Domota intervenait au Bandung du Nord, sommet international des mouvements dé-coloniaux en visioconférence depuis la Guadeloupe. Le secrétaire général de l’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG), fondateur du mouvement LKP est revenu sur la condition de la Guadeloupe dans une France qu’il qualifie de « coloniale ». Pour Outremers360, Yaël Selbonne analyse ce discours « choc » mais « acclamé » par l’assemblée présente à ce sommet.

Le Bandung du Nord, conférence qui se tient du 4 au 6 mai 2018 à la Bourse du Travail de Saint-Denis, en France, se veut être un sommet international qui s’inscrit dans l’esprit de la conférence de Bandung de 1955. Cette conférence réunit des militants et universitaires venus des quatre coins du globe et propose une alliance politique entre les mouvements dé-coloniaux d’Occident. Elle met en débat les questions concernant les personnes de couleur dans les pays occidentaux. Après les interventions d’Angela Davis et du célèbre militant politique Fred Hampton Junior (fils du Black Panther du même nom), Eli Domota est intervenu sur la réalité sociale en Guadeloupe qu’il qualifie de « coloniale ». A cause de mouvements sociaux sur l’Île, la vidéo de son intervention a été enregistrée et diffusée en différé.

Coutumier du genre, c’est par une phrase choc qu’Eli Domota a ouvert son discours : « La société guadeloupéenne actuelle est fondée sur le viol des consciences, le viol des peuples, le viol de leur spiritualité et le vol de leur terre ». S’en est suivi un fâcheux portrait de cette société : « Au plan économique et social, la Guadeloupe c’est la destruction de tout système productif au profit des importateurs distributeurs qui imposent leur modèle de consommation et bien entendu avec la complicité des services de l’Etat qui entend détruire toutes contestations. C’est aussi une répression syndicale féroce et la mise au pas du rôle social dont les droits sont dictés par l’Union Européenne aux ordres du grand capital international. Au plan artistique et culturel, c’est l’importation dans les consciences de modèles esthétiques et créatifs qui appauvrissent la création et conduisent notre peuple au démounage (acculturation). Au plan politique, la grande majorité des élus entraînent le peuple dans une comédie de représentations électorales ».

Le syndicaliste a abordé les problématiques qui font en ce moment la une de l’actualité politique et sociale de l’Île. Chômage de masse au sein de la jeunesse guadeloupéenne, sols et eau pollués au chlordécone ou encore la « mise en faillite délibérée du système public de santé » selon ses termes. Le contexte est posé. Eli Domota conclut : « Tout cela se résume en un mot : la colonie. La Guadeloupe est une colonie. Et la colonie n’a pas vocation à se développer pour ses habitants. La colonie a vocation de défendre et nourrir les intérêts de la métropole ».

« Les Guadeloupéens libérés de l’esclavage mais sans ressource »

Le décret de l’abolition de l’esclavage de 1848 spécifiait que l’esclavage est une atteinte à la dignité humaine. Pourtant, ironie de ce crime, le 30 avril 1849, la République française promulgue une loi qui prévoit l’indemnisation des esclavagistes. Eli Domota pose alors la question qui s’impose : « Mais qui étaient donc les victimes ? ». Jusqu’à aujourd’hui aucune indemnisation pour les millions de déportés massacrés et réduits en esclavage. « Ainsi donc, en 1848, les Guadeloupéens sont libérés de l’esclavage mais sans ressource, émancipés mais subordonnés, libres mais enchaînés ».

Le syndicaliste est également revenu sur le massacre de « Mé 67 » dont on fête le triste anniversaire ce mois-ci et a dénoncé la politique coloniale de l’Etat français en Guadeloupe et dans le monde. Selon lui, si la France est la sixième puissance mondiale aujourd’hui c’est uniquement grâce à ses « colonies ». Eli Domota a profité de cette assemblée qui l’a vivement acclamé pour envoyer un message fort de ralliement aux différents peuples opprimés.

Yaël Selbonne.

source : outremers360.com

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