PARTAGER

Un juge vient de nommer quatre experts pour enquêter sur les circonstances de la mort de l’ancien ministre décédé en 1979, révèle « 20 Minutes ».

C’est l’une de ces affaires obscures qui parsèment l’histoire de la Ve République, là où convergent la politique et la justice. Le 30 octobre 1979, le cadavre de Robert Boulin, qui a occupé plusieurs portefeuilles de ministre durant les quinquennats de Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing est retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet. Presque 40 ans plus tard, le dossier va connaître un nouveau rebond alors que la justice a ordonné une expertise médico-légale, révèle 20 Minutes.

À l’époque, l’enquête judiciaire conclut très rapidement à un suicide après la découverte de Robert Boulin dans 40 centimètres d’eau, au milieu l’étang Rompu. Une thèse rapidement battue en brèche par la famille du défunt, mais aussi par plusieurs journalistes et hommes politiques de l’époque. En septembre 2015, une information judiciaire est ouverte pour « enlèvement, séquestration et assassinat », sous la pression de la fille de Robert Boulin. En 2017, une enquête du magazine Envoyé spécial rouvre le dossier. Des témoins de l’époque reviennent sur le parcours d’un homme qui dérange et surtout décrivent son corps « plein d’ecchymoses », « très traumatisé ». Bernard Pons, l’ancien secrétaire général du RPR, explique même sa « quasi-certitude qu’il s’agit d’un assassinat ».

Quatre experts mandatés

Autant d’éléments qui ont conduit le juge Denis Couhé, chargé du dossier au tribunal de Versailles, à mandater quatre experts aux profils complémentaires pour enquêter sur le dossier. On trouve en effet un radiologue, un expert en toxicologie, un pneumologue et Bertrand Ludes, le directeur de l’institut médico-légal de Paris. Le juge leur demande d’élucider « les circonstances exactes dans lesquelles le décès de Robert Boulin est survenu ». Ils se baseront pour cela sur le volumineux dossier construit au fil des années.

Lire aussi Les indices qui montrent que Robert Boulin a été tué

Parmi ceux-ci figurent bien sûr les deux autopsies, réalisées en 1979 et 1983, mais aussi des témoignages qui ont contribué au fil des années à entretenir le doute sur cette affaire. L’avancée du dossier devrait aussi rendre espoir à la fille de Robert Boulin. Celle-ci avait déjà obtenu la nomination d’un second juge d’instruction en début d’année. Décidée à savoir la vérité sur cette affaire, elle va en parallèle organiser une « reconstitution sauvage » durant le mois d’octobre. Les experts rendront, eux, leurs conclusions avant le 1er mars 2020.

Source : Le Point

Publicité