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© AFP 2018 Eric Feferberg

Alors que Christophe Castaner défend l’usage du LBD par les forces de l’ordre, son collègue au sein du gouvernement, François de Rugy, a prôné par le passé l’interdiction de l’usage des lanceurs de balles de défense en soulignant que «l’emploi des flash-balls dans les manifestations est extrêmement dangereux».

Alors que les Français se révoltent contre les violences policières qui ont fait plusieurs victimes parmi les Gilets jaunes, le gouvernement a renoncé à céder sur l’interdiction de l’utilisation par les forces de l’ordre des lanceurs de balles de défense connus également sous l’acronyme LBD.

Cependant, au moins un ministre du gouvernement d’Édouard Philippe s’est par le passé distingué par ses propos critiquant l’usage des LBD «contre des attroupements ou manifestations».
Il s’agit de l’actuel ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

Ainsi, étant à l’époque député des Verts de Loire-Atlantique, il a co-signé en 2009 une proposition de loi anti-LBD. Le texte est disponible sur le site de l’Assemblée nationale.

«Ces armes qui équipent l’armée, la police nationale et la gendarmerie françaises depuis plusieurs années […] sont devenues une source permanente de bavures, de dérives et de troubles à l’ordre public», indique le document.

«Cette mesure est essentielle pour protéger le droit imprescriptible de manifester et le droit d’expression des mouvements sociaux qui ne peuvent être soumis à une pression policière tendant à les marginaliser, voire à les criminaliser», souligne le texte.

En outre, François de Rugy n’a pas hésité à communiquer aux médias ses critiques relatives à l’utilisation des LBD à l’époque de la mort de Rémi Fraisse près du barrage de Sivens.

Fin octobre 2014, M.de Rugy a ainsi fait une série de déclarations contre l’usage des LBD:

«Je sais que l’emploi des flash-balls dans les manifestations est extrêmement dangereux», a-t-il déclaré à BFMTV en ajoutant que «cela fait plusieurs années que nous demandons l’interdiction de l’emploi des flash-balls».

Les LBD ont «déjà fait plusieurs victimes qui ont perdu l’usage d’un œil, à plusieurs reprises, dans des endroits et des circonstances très différents», a-t-il ensuite affirmé à iTélé en poursuivant que cette arme n’était «pas adaptée au maintien de l’ordre».

Une nouvelle polémique enfle autour des violences policières. Entre le 17 novembre dernier, date du début du mouvement des Gilets jaunes, et le 28 janvier, 9.228 tirs de LBD par les forces de l’ordre ont été recensés au niveau national, a déclaré une représentante du ministère de l’Intérieur, Pascale Léglise.

Rappelons que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé le chiffre de quatre blessés graves à un œil. Cependant, le collectif militant «Désarmons-les», quant à lui, évoque 20 personnes rendues borgnes ou gravement blessées à un œil.
David Dufresne fait état de 159 blessures à la tête et de 18 éborgnés.

Jeudi dernier, la CGT et la Ligue des droits de l’Homme ont tenté, en vain, d’interdire l’usage du LBD. Le tribunal administratif de Paris l’a refusée, invoquant l’expérimentation des caméras piéton chez les forces de l’ordre. Une réponse insuffisante aux yeux des opposants à cette arme, qui ne diminue en rien le nombre de blessés ni la colère des manifestants. Les mêmes opposants ont alors porté l’affaire devant le Conseil d’État, qui a commencé le 30 janvier à examiner l’opportunité de suspendre ou d’interdire son usage, dont par ailleurs le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, a préconisé l’interdiction en maintien de l’ordre.

Source : Sputnik France

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