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Après la manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Élysées, samedi 24 novembre, les chaînes d’information se sont surtout apesanties sur les violences et les dégradations commises, selon elles, par les Gilets jaunes eux-mêmes ou par l’ultra droite qui aurait infiltré le mouvement. Une façon habile de discréditer la contestation, qui, ne cessait-on de répéter en choeur sur BFM et ailleurs, était en train de s’essouffler. Ouf… les gueux allaient enfin pouvoir rentrer sagement dans leurs provinces. Pourtant, de nombreuses voix se font entendre, ces dernières heures, qui contestent la version du gouvernement.

D’abord sur la question de l’affluence. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a réussi la prouesse de compter à l’unité le nombre de Gilets jaunes partout en France. Résultat du comptage : 106 301 manifestants. Une telle précision, à la vérité impossible, est déjà un premier indice de l’enfumage gouvernemental.

Sur BFM TV, Dominique Rizet s’est étonné de ces chiffres :

« Ça paraît peu quand on voit toutes les images qui ont été tournées par nos équipes partout en province, on avait vraiment beaucoup de monde sur le terrain, et puis à Paris on a l’impression qu’il y a plus de 100 000 personnes. Alors, c’est peut-être une impression, mais est-ce qu’on n’essaie pas de minimiser les chiffres ? C’est une question qu’on peut se poser, ça s’est déjà produit par le passé… Franchement ça paraît peu. »

De mon côté, en regardant BFM le jour de la manifestation, je ne vis qu’une foule clairsemée. Rien de très impressionnant. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant les photos prises sur les Champs-Élysées le 24 novembre par le photographe Olivier Coret ! En les découvrant, j’ai d’abord cru (comme d’autres) à un montage, tant ces images de foules massives différaient de celles que j’avais vues à la télé. En voici une :

Peut-on croire, en voyant cette image, qu’il n’y avait que 5000 Gilets jaunes sur les Champs-Élysées, comme l’a prétendu Christophe Castaner ?

2/ Ensuite, le gouvernement et les médias n’ont cessé d’affirmer que l’ultra droite était responsable des violences et des dégradations, allant ainsi dans le sens de BHL qui voit dans les Gilets jaunes la résurgence des ligues d’extrême droite du 6 février 1934.

C’est ce qu’a déclaré Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, pour lequel « c’est la peste brune qui a manifesté » sur les Champs-Élysées.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, considère, lui, que les gens qui défilent à Paris en disant “on est chez nous” sont d’ultra-droite et rappellent « les heures sombres de l’histoire de France ».

Même son de cloche chez Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, qui pointe sur RTL l’ultradroite comme « instigatrice » des débordements. Plus précisément, il parle de “200 à 300 militants ultra-nationalistes”.

L’information est relayée servilement par nombre de médias. Pourtant, comme on ne tarde pas à l’apprendre, aucun de ces individus d’ultra droite ne fait partie de la centaine de manifestants interpellé par les forces de l’ordre, dixit Europe 1 :

“D’ailleurs, ces activistes d’extrême-droite ne feraient pas partie des personnes interpellées. Selon nos informations, parmi les gardés à vue, un profil domine : l’homme européen, inconnu des services de police, âgé de 25 à 40 en moyenne, venu de province.”

Certains médias, comme Le Point, s’emmêlent les pinceaux. En 48h, changement de version : les meneurs des casseurs n’appartiendraient plus à l’ultra droite, mais à l’ultra gauche

Extrait de l’article du Point du 26 novembre :

“Selon RTL, le profil des 101 personnes interpellées à Paris le 24 novembre ne correspond pas exactement aux affirmations de Christophe Castaner.

Les casseurs du mouvement des Gilets jaunes sont-ils ces personnes d’ultradroite qualifiées de « peste brune » par Gérald Darmanin ? La réalité semble bien plus complexe. Les informations rassemblées par RTL lundi, sur la base de plusieurs sources policières, indiquent que les profils des 101 personnes interpellées à Paris, lors de la grande manifestation du 24 novembre, sont bien plus disparates que ce qu’a laissé entendre Christophe Castaner, après les débordements observés sur les Champs-Élysées.

Selon les informations de la radio, une grande majorité des individus arrêtés par les forces de l’ordre ce jour-là appartiennent en réalité à la catégorie des « suiveurs ». Autrement dit, des personnes lambda, venues des quatre coins de la France, ne présentant aucun antécédent judiciaire, mais qui se sont laissé emporter par des leaders plus radicaux.

Surtout, les leaders en question appartiendraient en réalité à l’ultragauche, et non à l’ultradroite, rapporte RTL. Ils arboraient plusieurs signes « distinctifs » de l’ultragauche repérés lors de leur interpellation. En outre, ces individus sont plus jeunes, âgés pour la plupart entre 25 et 30 ans, et font preuve de plus de détermination. Certains ont même reconnu s’être rendus sur les Champs-Élysées, théâtre des principales violences lors de la manifestation des Gilets jaunes du 24 novembre, pour commettre des dégâts.”

Quels indices avaient bien pu servir à étayer l’hypothèse d’une action de l’ultra droite ? Le compte Team Macron, sur Twitter, qui soutient l’action du Président, a publié une vidéo dont on a opportunément coupé le son, censé montrer un gilet jaune faisant le salut nazi :

L’extrait a été partagé par Naïma Moutchou, députée LREM et rapporteure de la loi contre la manipulation de l’information… LOL.

Comme l’a établi CheckNews ou encore le 20h de France 2, ce lundi, le gilet jaune dit en réalité “Ave Macron” et son salut est un salut romain, non un salut nazi.

Sur Twitter, une certaine Jade Bekhti, sympathisante d’En Marche, a également signalé la présence sur les Champs-Élysées de quelques figures d’extrême droite, comme Hervé Ryssen, mais rien n’indique qu’elles aient pris part aux pires violences, même si l’on voit ici Ryssen aux prises avec un CRS (le même homme chahutait déjà avec la police lors de la manifestation du 17 novembre) :

Voici, en revanche, quelques indices d’une action de l’ultra gauche, que le gouvernement et la plupart des médias ont eu beaucoup plus de mal à trouver. Il s’agit de clichés publiés sur les réseaux sociaux qui présentent des signes distinctifs de l’extrême gauche. On y voit par exemple des mentions contre les « flics » et les « fachos », un drapeau à l’effigie de Che Guevarra, ou encore le « A » des anarchistes tagué sur des bâtiments dégradés, sur les Champs-Élysées.

Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, a interpellé Christophe Castaner avec cette image de la page Facebook officielle des “Black Blocks”, l’accusant de propager une fake news.

"J'ai vu des groupes de casseurs, on les a clairement laissé passer" – Ch.d'Ornellas

🎥 "Le gouvernement a la capacité de ne laisser rentrer personne sur les Champs-Elysées. J'ai vu des groupes de casseurs, on les a clairement laissé passer. Il y a eu un laisser-aller sur cette question de la violence." – Charlotte d'Ornellas

Publiée par TV Libertés sur Lundi 26 novembre 2018

source : agoravoxtv.com

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