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Marlène Schiappa. Photo © Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Lors de son face à face avec Éric Zemmour, la secrétaire d’Etat avait laissé entendre qu’un livre s’inspirant du Grand Remplacement de Renaud Camus avait été retrouvé dans les affaires du terroriste de Christchurch.

C’était un des moments forts du face à face entre Éric Zemmour et Marlène Schiappa. Lundi 10 février sur CNews, la secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes avait affirmé qu’on avait « retrouvé sur le tueur de Christchurch un manuel appelé The Great Remplacement » inspiré du Grand Remplacement de Renaud Camus. Elle en profitait pour accuser ce dernier de « souffler sur les braises de la haine » et donc d’avoir indirectement permis cet attentat qui a fait 51 morts et 49 blessés dans deux mosquées néo-zélandaises. Sur Twitter, Renaud Camus a indiqué qu’il avait porté plainte contre elle pour ces propos.

« Une brochure nullement inspirée » par Le Grand Remplacement

« Me Rimokh [son avocat, NDLR] et moi venons de porter plainte contre Mme Marlène Schiappa pour diffamation et mise en danger de la vie d’autrui. Elle a amalgamé mon livre avec la brochure du même titre du tueur de Christchurch, nullement inspiré par lui mais par le constat d’une même évidence », a tweeté l’écrivain, mercredi 12 février. Peu après la diffusion de l’émission Face à l’info, il s’était d’ailleurs défendu lui-même, toujours sur Twitter. « Marlène Schiappa prétend que le tueur de Christchurch avait sur lui mon livre. C’est une grave diffamation, elle confond avec la brochure du tueur, ‘The Great Replacement’, qui n’a rien à voir. Etant donné les us de l’Occupant, c’est aussi une mise en danger de la vie d’autrui », avait-t-il écrit.

Ce jeudi 13 février, son avocat Yohann Rimokh a également écrit une tribune à ce sujet sur notre site. « Comment peut-on proférer de telles choses quand on est ministre ? Comment peut-on sérieusement confondre le manifeste d’une dizaine de pages rudimentaires et abjectes d’un terroriste et le livre de Renaud Camus, épais de plusieurs centaines de pages, toutes entières basées sur l’amour de ce pays, l’innocence, la non-nuisance et la non-violence ? », s’est-il notamment insurgé.

La réponse à côté de la plaque de Marlène Schiappa

A l’annonce de cette plainte, Marlène Schiappa a, elle-aussi, dégainé sur Twitter. Sauf que la secrétaire d’Etat, comme souvent lors de son débat contre Éric Zemmour, est passé à côté du sujet. « ‘On ne peut plus rien dire’ dit l’extrême-droite à longueur de médias, faisant passer leurs opposants pour des censeurs procéduriers », ironise-t-elle. « Résultat : c’est Renaud Camus qui porte plainte contre moi, pour avoir osé contredire sa théorie raciste du grand remplacement. Bas les masques ! », poursuit-elle. Ce faisant, elle élude complètement le motif de la plainte à son encontre, qui ne vise pas une quelconque « censure », mais bien des propos diffamatoires à l’encontre d’un auteur qu’elle a tenté d’impliquer dans un attentat.

Source : Valeurs Actuelles

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