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Selon Europe 1, Gérald Darmanin aurait pour projet d’ouvrir prochainement une réforme de la police nationale, avec une départementalisation des effectifs.

L’organisation de la police nationale pourrait prochainement évoluer. Le président de la République sera en déplacement à Nice, le 10 janvier prochain, sur le thème de la sécurité notamment, et il pourrait en profiter pour annoncer une réforme de l’institution. Selon les informations d’Europe 1, vendredi, Gérald Darmanin et ses équipes au ministère de l’Intérieur travailleraient sur cette réforme depuis plusieurs mois. Avec, en tête, l’idée d’une petite révolution : la « départementalisation » des effectifs de police.

Seraient donc créées des directions départementales, à l’instar de ce qui est déjà en place dans la gendarmerie. Un commandement unique aurait autorité sur la sécurité publique, la police aux frontières, le renseignement et la police judiciaire. L’objectif serait de basculer d’un système dans lequel les policiers dépendent actuellement d’une part de leur direction centrale au ministère et d’autre part du préfet de police pour l’aspect opérationnel, à ce nouveau système avec un seul interlocuteur dans les départements.

Une expérimentation dans deux mois, la généralisation au 1er janvier 2023

Mais déjà, le projet de Gérald Darmanin fait grincer des dents. La police judiciaire n’y serait pas très favorable, certains magistrats et syndicats de police ayant déjà formulé leurs craintes. Ils évoquent notamment un souci de calendrier : une expérimentation de cette nouvelle organisation dans cinq départements devrait être lancée à la fin du mois de mars prochain, selon la radio. Et la généralisation serait prévue pour le 1er janvier 2023.

Gérald Darmanin souhaite aller vite, mais l’exécutif ne veut toutefois pas s’attirer les foudres des effectifs policiers à quelques mois de l’élection présidentielle, et alors que la crise sanitaire n’est pas encore terminée. Plusieurs aménagements seraient ainsi prévus : cette départementalisation ne concernerait aucunement la DGSI, la criminalité organisée, la délinquance spécialisée, et la préfecture de police de Paris n’y serait pas non plus soumise.

Une réforme aussi ambitieuse avait déjà été tentée par Daniel Dugléry, ex-grand patron de la Sécurité publique, sous la direction de Pierre Joxe, dans les années 1990, rappelle Le Figaro. L’objectif était déjà de simplifier une organisation parfois trop complexe, comme il l’a expliqué au quotidien : « Il n’y a plus d’empilement des centres de décision, cela donne une unité de commandement, évite une multiplication des états-majors et permet des économies. » Le projet avait finalement été écarté par Charles Pasqua, craignant que la police nationale ne perde, par endroits, en savoir-faire et efficacité.

Source : Le Point

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