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L'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a repris son activité médicale à l'hôpital de Percy, en région parisienne. // Lucas BARIOULET / AFP

« Dans les semaines qui viennent, je ne peux être que médecin », avait prévenu l’ancienne ministre de la Santé et candidate à la mairie de Paris.

En six semaines, tout a basculé. De figure providentielle des municipales à Paris au banc des accusés dans la crise du coronavirus, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn tente désormais de remonter la pente, en sortant sa blouse de médecin du vestiaire.

La professeure d’hématologie a repris depuis la semaine dernière son activité médicale à l’hôpital Percy à Clamart, dans la banlieue ouest de Paris, ont indiqué ce vendredi plusieurs de ses proches. « Elle refuse désormais toute expression publique. Mais elle ne me paraît ni stressée, ni fatiguée, elle est posée », explique l’une de ses colistières.

Qu’il paraît loin ce début de campagne euphorique, mené avec l’enthousiasme des novices ! Convaincue de pouvoir reprendre le flambeau de Benjamin Griveaux, mis sur la touche après la diffusion de vidéos intimes, la voilà brutalement douchée par la réalité : largement distancée par Anne Hidalgo et Rachida Dati au soir du premier tour des municipales, poursuivie par les polémiques sur son anticipation de l’épidémie, mise au ban d’une partie de sa famille politique pour des déclarations de presse jugées au mieux maladroites. « Dans les semaines qui viennent, je ne peux être que médecin », avait-elle alors prévenu.

« C’est foutu pour elle »

Elle qui rêvait de s’ancrer localement, voit même son avenir en politique s’écrire avec un point d’interrogation. « C’est foutu pour elle », s’alarmait une marcheuse mi-mars. Alors que la probabilité d’un deuxième tour en juin semble illusoire, la majorité gardera-t-elle la candidate Buzyn pour un scrutin qui pourrait finalement avoir lieu en mars 2021? « Peut-être remettra-t-on les choses à plat », euphémise un ponte de La République en Marche.

« On fait encore des réunions téléphoniques pour animer le collectif, et éviter qu’ils se retrouvent seuls », confie un proche d’Agnès Buzyn, qui reste elle-même en contact avec « les colistiers de chaque arrondissement ». Mercredi soir, l’ex-ministre a à nouveau réuni une grande partie de ses têtes de listes en visioconférence. « Je l’ai trouvée assez sereine », assure l’un des participants.

« Après, je ne sais pas si elle le fait par humanité vis-à-vis de nous, ou si elle veut vraiment encore être candidate », s’interroge-t-il, constatant « qu’en fait, elle ne dit pas grand-chose, et on ne parle pas vraiment des municipales ».

« Mascarade »

Plus encore que son score décevant, ce sont des confidences publiées par Le Monde au sur-lendemain du 1er tour qui ont signé sa disgrâce. Elle disait avoir voulu « mettre fin à cette mascarade » des élections avant leur tenue en raison de l’épidémie qui s’annonçait, expression qu’elle a ensuite regrettée. À l’AFP, elle confie aussi que « l’heure est grave : dans 15 jours, c’est la Bérézina à Paris ! », assurant avoir partagé ses angoisses avec le président Emmanuel Macron. Aux têtes de listes, elle explique ensuite « qu’elle a été piégée », confie Gaspard Gantzer, chef de file dans le VIe arrondissement.

« C’était surréaliste ! Elle n’a pas présenté ses excuses. On a parlé du programme comme si de rien n’était », s’insurge toutefois un proche après une réunion téléphonique de l’équipe de campagne. La déflagration s’étend au-delà de la campagne parisienne. Car les propos de l’ancienne ministre laissent entendre qu’elle avait anticipé « la vague du tsunami » et en a informé dès janvier le sommet de l’exécutif. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a confirmé mais n’a d’ailleurs toujours pas digéré l’affront.

« L’étincelle » qui a mis le feu aux poudres

Car, selon un conseiller ministériel, « Buzyn a mis l’étincelle qui était attendue par la presse politique » pour instruire le procès du gouvernement sur son impréparation. Depuis, nombre d’internautes relayent sur la toile d’anciennes déclarations d’Agnès Buzyn, qu’ils jugent contradictoires avec son interview alarmiste.

L’ancienne ministre est aussi victime de rumeurs, pour certaines à tonalités antisémites, affirmant qu’elle et son mari Yves Lévy, patron de l’Inserm de 2014 à 2018, ont tout fait pour garder sous le boisseau les bienfaits supposés de la chloroquine. Le tout en raison d’un prétendu conflit de longue date opposant Yves Lévy au promoteur de la substance, le professeur Didier Raoult.

« C’est du bullshit », s’agace un proche d’Agnès Buzyn, ciblant « des gens qui cherchent des boucs émissaires : elle, Olivier Véran ou le Premier ministre ».

Source : L’Express

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