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Monsieur Le Président de la République,

Jamais sous la cinquième République, la police nationale et la gendarmerie nationale n’avaient été à ce point humiliées.

Le réflexe pavlovien du ministre de l’Intérieur et de la Garde des seaux consistant à accréditer les discours laissant croire que nos deux Institutions seraient racistes, est de nature à affaiblir l’autorité de l’Etat et à excuser les violences graves commises chaque jour contre nos personnels.

En piétinant la présomption d’innocence par la promesse de suspendre systématiquement nos collègues en cas de soupçon avéré de racisme, votre ministre commet une faute politique et juridique, tout comme il se trompe lorsqu’il refuse de déposer plainte contre une Camélia Jordana accusant la police nationale de massacrer des personnes en banlieue en raison de leur couleur de peau.

En voulant recevoir la famille Traoré alors qu’une enquête judiciaire est en cours et que rien ne prouve en l’état que nos collègues gendarmes ont commis une bavure, la ministre de la Justice porte atteinte au principe de séparation des pouvoirs et à l’indépendance des juges qu’elle tente d’influencer par un rendez-vous médiatique.

Monsieur le Président de la République, vous êtes le gardien de nos Institutions et de notre Constitution. Les fautes graves commises par deux membres du gouvernement à la tête de deux ministères régaliens ne peuvent rester sans une réponse directe de votre part. Le lien et la confiance entre ces deux ministres et les policiers sont irrémédiablement altérés. Madame Belloubet et monsieur Castaner doivent rendre les clés des places Vendôme et Beauvau.

Dimanche, vous vous adresserez aux Français. Les policiers attendent une clarification de votre part.

Non, la police n’est pas raciste. Les violences policières racistes n’existent pas. En revanche, oui, les policiers et les gendarmes subissent quotidiennement des violences graves et, malheureusement, la réponse judiciaire est souvent insuffisante, voire inexistante.

Les accidents domestiques causent la mort de 20.000 français par an. Sur les millions d’interpellations de police pratiquées au cours d’une décennie, il peut y avoir quelques cas litigieux, ce n’est pas pour autant qu’il faut remettre en cause les techniques d’interventions policières.

Plus de 3.000 personnes perdent la vie chaque année sur les routes de France. Va-t-on pour autant interdire aux Français de prendre leurs voitures ?

Le risque zéro en matière d’interpellations n’existe pas et n’existera jamais. Le meilleur moyen d’éviter les blessures lors des interpellations est de ne pas résister aux agents interpellateurs.

Concernant l’écran de fumée du pistolet à impulsions électriques, notre organisation syndicale accepte sa généralisation en moyen de défense supplémentaire mais pas en remplacement de techniques professionnelles qui seraient interdites.

L’usage du Taser répond aux règles très strictes de la légitime défense. Cette arme de force intermédiaire ne peut se substituer aux techniques d’étranglement ou de plaquage ventral.

Dans l’attente de vous rencontrer pour échanger avec vous sur ces sujets, recevez, monsieur Le Président de la République, le témoignage de mon profond respect républicain.

Michel Thooris,

secrétaire général du syndicat France Police – Policiers en colère.

Source : France Police

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