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L'Assemblée adopte plusieurs mesures sur le handicap contre l'avis de la majorité (photo d'illustration)//@AFP

Coalisées, les oppositions ont adopté, contre l’avis du gouvernement et de la majorité, des dispositions en faveurs des personnes handicapées.

Ils ont été les seuls, sur les bancs de l’Assemblée nationale à refuser ces dispositions. Mais malgré l’opposition de la majorité, du gouvernement aux députés LREM en passant par les élus MoDem, l’opposition coalisée a pu faire voter plusieurs mesures dites “de justice sociale”, pour améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap.

C’est le groupe Libertés et territoire au palais Bourbon qui a proposé cette loi composée de plusieurs dispositions différentes. Au total, sur les six articles proposés par ces députés, quatre ont été adoptés dont trois portant sur des sujets liés au handicap.

Ces mesures prévoient notamment de supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’Allocation pour adulte handicapé (AAH) ou encore de relever l’âge maximum pour bénéficier de la prestation de compensation du handicap (PCH) de 60 à au moins 65 ans.

L’opposition unie face à la majorité

Autant de mesures sur lesquelles toute l’opposition présente en séance, des Insoumis aux Républicains en passant les Socialistes ont approuvé. Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Valérie Rabault ou Aurélien Pradié se sont effectivement relayés au micro toute l’après-midi pour dire le bien qu’ils pensaient du texte proposé par leurs collègues du groupe Libertés et territoires.

Mais face à eux, le gouvernement n’a cessé d’apposer des avis défavorables à chacune de ces mesures. La raison? Un problème d’agenda, deux jours après la conférence nationale présidée par Emmanuel Macron. La secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel souhaitait effectivement que ces articles trouvent leur place dans des lois plus globales et donc plus à même de répondre à toutes les problématiques selon elle.

“Je voudrais dire que je souhaiterai pouvoir concerter avec les départements, chefs de file des politiques de solidarité. C’est ainsi que depuis deux ans et demi nous avons travaillé. Ce qui nous a amenés a un accord de confiance avec les départements pour améliorer le quotidien des personnes handicapées”, a ainsi expliqué la responsable tout en appelant la représentation nationale à se concerter pour “prendre vraiment les bonnes décisions” sur le handicap.

Et la suspension de séance ne changea rien…

Bien que motivé par des concertations futures, ce refus n’est pas franchement passé du côté des oppositions, qui plus est dans le contexte où la majorité est accusée “d’inhumanité” après la polémique sur le congés des parents endeuillés. Jean-Luc Mélenchon n’a par exemple pas hésité à crier victoire face à “l’inhumanité” de LREM.

Avant lui, c’est le député de la Somme François Ruffin qui s’était engouffré dans la brèche. “Aujourd’hui ne soyez pas des mauvais perdants. Soyez des bons gagnants. Des bons gagnants avec Karine, avec Serge que j’ai évoqué dans le fil du débat, ce sont eux les vrais gagnants aujourd’hui (…) pas Libertés et Territoires ou la France insoumise ou Les Républicains. Vous pouvez, plutôt que de vous isoler du reste du Parlement, plutôt que de vous isoler du reste de la France, vous pouvez rejoindre le pays. Faites-le, faites-le!”, avait-il exhorté ses collègues avant le vote final de l’article.

Mis en minorité sur plusieurs articles de cette proposition, les députés LREM ont de leur côté réclamé une suspension de séance juste avant ce vote crucial afin d’inverser le rapport de force. Pas suffisant puisque le texte a été adopté a 44 voix pour et 31 contre. Et ce avec l’appui de quatre députés LREM qui, peut-être échaudé par le couac de la fin janvier- ont bravé la consigne de vote de leur groupe.

Source : Huffingtonpost

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