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L’humoriste se présente aux élections à Montpellier et promet de baisser son salaire au smic s’il est élu, assure-t-il à « Midi libre ».

C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui, clame depuis des années Rémi Gaillard. Mais le trublion, qui s’est fait connaître avec ses vidéos déjantées sur Internet, se veut plus sérieux désormais. Alors qu’il est engagé depuis des années pour la défense des animaux, il franchit un cap en se déclarant candidat pour les élections municipales de mars prochain à Montpellier, sa ville, dans les colonnes de Midi libre. « Puisque chaque élection est un nouveau canular, puisque le politique fait tristement rire, faut peut-être enfin élire un vrai clown », lance-t-il pour justifier sa candidature, lui qui en a marre « des tartuffes qui ne défendent que le pognon ».

Ses rivaux annoncés dans l’Hérault apprécieront. Comme l’a expliqué 20 Minutes, Alex Larue (LR) et Michaël Delafosse (PS) ont déjà annoncé leur candidature, alors que La France insoumise, La République en marche ou le Rassemblement national n’ont pas dévoilé leur possible candidat. Quant au maire sortant Philippe Saurel, ex-membre du PS élu sous l’étiquette divers gauche en 2014 et qui a soutenu LREM aux européennes il y a quelques mois, il annoncera en février s’il se représente, dans la foulée d’une opération au genou.

« Être la voix des sans-voix »

Ici, le candidat Gaillard se lance en solo. « Il n’est pas de droite mon parti, il n’est pas de gauche. Et s’il est En marche, c’est plutôt en tongs. En fait, ce n’est pas un parti, c’est plutôt une meute ou une horde », argue-t-il, ne revendiquant le soutien d’aucun des partis traditionnels donc. Son but : « être la voix des sans-voix ». Il appelle pêle-mêle « les sans-dents, la jeunesse, ceux qui aiment les chats ou qui ont un chien, les routiers, les handicapés, ses ex », ou encore « ceux qui sont cons comme toi et moi » à « peser dans le débat pour un Montpellier so fresh again  », en s’inspirant du slogan de campagne d’un certain Donald Trump ici.

Il assure que son manque d’expérience politique n’est pas un problème : « Parler faux, tremper dans des trucs pas très nets, retourner son pantalon, agir sur les peurs de chacun ou faire des pipes pour devenir VRP de l’Élysée : oui, j’avoue ne pas avoir d’expérience politique », confesse-t-il, promettant au passage qu’il a déjà des colistières et des colistiers. Une preuve qu’il faut prendre cette candidature au sérieux, car « un clown prépare toujours ses numéros », selon lui.

Comme Coluche en 1981 ?

Rémi Gaillard a présenté au passage quelques points de son programme électoral. Il veut notamment imposer les « transports gagnants » : « En échange de pubs sur un tramway ou un bus, des marques s’engagent à financer son fonctionnement ; mais aussi à organiser une loterie avec un usager gagnant par jour », expose-t-il. Défenseur de la cause animale, l’humoriste rêve aussi « d’espaces de liberté pour les animaux abandonnés, d’un sanctuaire pour les animaux de la ferme, d’un paddock paradise pour les chevaux ». Sa première mesure en tant que maire serait toutefois de baisser son salaire au smic et de « reverser la différence à des œuvres de charité ».

Ira-t-il au bout de sa démarche ou se retirera-t-il en cours de route, à l’image d’un Coluche pour la présidentielle de 1981 ? En 2012, il avait déjà avancé l’idée de se présenter pour les municipales deux ans plus tard, sans aller plus loin. Cette fois, il semble plus sérieux… ou presque. « Je me retire direct de la campagne si un autre candidat, par transparence, porte au moins un nez rouge », promet Rémi Gaillard, provocateur jusqu’au bout.

Source : Le Point

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