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© Photo. Pixabay / NadineDoerle

L’ouverture du Puy du Fou, le célèbre parc vendéen de spectacle historique, n’est pas pour tout de suite. Au contraire des zoos et des sites historiques, «la colline du hêtre» resterait déserte au-delà du 2 juin, malgré le «feu vert» sanitaire dans le département. Philippe de Villiers, fondateur du complexe, ne décolère pas.

Déjà reportée à deux reprises, l’ouverture du Puy du Fou se fait encore attendre. Et ce n’est pas du goût des dirigeants du site vendéen, classé troisième parc à thème en France, juste après Disneyland Paris, avec ses parcs Disneyland et Walt Disney Studios.

Philippe de Villiers, fondateur du complexe de loisirs à thématique historique, regrette «la décision prise par Matignon d’ouvrir les parcs zoologiques et les sites historiques, sauf le Puy du Fou» et juge au micro de Sputnik «cette mesure injuste et scandaleuse».

«Nous n’avons aucune date, aucune visibilité, aucun calendrier. Le Premier ministre s’entête dans un refus et un mépris déplorables. La position du Président de la République est différente. Le char de l’État est tiré à hue et à dia», s’insurge Philippe de Villiers.

Avec 2,3 millions de visiteurs, la saison 2019 a été fructueuse et en 2020, le Puy du Fou a investi 62 millions d’euros dans trois créations originales: 15 millions d’euros sont alloués au spectacle grandiose «Les Noces de Feu», le reste financerait «Le Grand Siècle», un hôtel quatre étoiles, et «Le Théâtre Molière», un espace consacré aux événements d’entreprises.

Le Puy du Fou inquiet pour son avenir financier

L’impatience de la direction du parc d’attractions est compréhensible, puisque ce dernier perd un million d’euros par jour d’inactivité.

«Il y a un risque mortel pour l’avenir de notre aventure. Le Puy du Fou n’a pas de “magot caché”, il n’est adossé à aucune collectivité, aucune structure publique, ni à aucun groupe d’actionnaires extérieurs qui viendrait nous renflouer», s’inquiète Philippe de Villiers.

Visiblement, le parc construit «sur un modèle associatif» n’a pas l’intention de taper dans la cagnotte de 18 millions d’euros promise par Édouard Philippe dans le cadre du «plan tourisme» pour atténuer les effets de la crise économique qui frappe le secteur suite à la pandémie de Covid-19.

«J’insiste: le Puy du Fou n’est pas un “parc d’attractions”, contrairement à ce qu’on croit à Matignon. C’est l’expression du légendaire français, c’est là que bat le cœur de la France», s’enflamme Philippe de Villiers, qui n’a pas peur de la grandiloquence.

Et l’avenir semble aussi incertain pour Cinéscénie, le plus grand spectacle nocturne au monde, puisque «l’État ne répond pas».

«Les Gaulois réfractaires» se plient aux règles sanitaires

La direction du Puy du Fou ne reste pourtant pas les bras croisés et en attendant de s’être «mis d’accord avec les représentants de l’État», elle affiche sa volonté de respecter strictement les règles de déconfinement qu’elle s’apprête à appliquer. Néanmoins, alors que les aquariums et parcs zoologiques commencent à rouvrir, les parcs d’attractions n’ont toujours pas de date de reprise de leur activité.

«Le Puy du Fou est une référence en France. C’est un haut lieu de la mémoire vivante. Mais j’ai l’impression que l’État préfère les animaux exotiques aux Gaulois réfractaires», glisse Philippe de Villiers.

L’une des raisons du retard de l’ouverture des parcs d’attractions est qu’ils sont considérés comme des «lieux de rassemblement», avec des «regroupements de plus de dix personnes», proscrits en France. Deuxième raison: la crainte que les parcs «veuillent accueillir trop de monde», avec une possible contamination dans les files d’attente. Et pourtant, le Puy du Fou est dans un département classé «vert» sur la carte du déconfinement.

«Le Premier ministre a reconnu lui-même que le protocole de règles sanitaires proposé par le Puy du Fou était le meilleur de France. Il a même ajouté qu’il était deux fois plus rigoureux que ceux proposés au niveau national», assure Philippe de Villiers.

Le créateur du parc souligne aussi l’absence de «problème d’espace» et par conséquent, l’absence de «croisement de flux» sur son territoire de 80 hectares. Il juge que les raisons avancées par les autorités «relèvent de l’incompétence et de la mauvaise foi», ce qui n’empêche pas un soutien massif dans la région. Ainsi, Véronique Besse, maire des Herbiers, a-t-elle lancé une pétition où «une signature s’ajoute chaque seconde» (chaque minute, pour être plus précis), pour atteindre au moment de parution de cet article 22.370 signatures.

Source : Sputnik France

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