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Selon les informations du « JDD », la ville soupçonne la ministre de la Justice d’avoir favorisé Toulouse pour la future cour administrative d’appel d’Occitanie.

Nicole Belloubet est-elle intervenue personnellement pour favoriser Toulouse, sa ville de cœur ? Lésée, la ville de Montpellier soupçonne la garde des Sceaux d’être personnellement intervenue dans le choix de l’implantation de la future cour administrative d’appel à Toulouse. Selon les informations du Journal du dimanche, le maire de Montpellier, Philippe Saurel, annonce que la ville a déposé une plainte contre Nicole Belloubet auprès de la commission des requêtes de la Cour de justice de la République.

La ville de Montpellier suspecte une potentielle prise illégale d’intérêts dans le cadre du choix de la ville de Toulouse pour la cour administrative d’appel d’Occitanie prévue en 2021. Selon l’avocat chargé de la plainte, Me Gilles Gauer, Nicole Belloubet aurait usé de son influence pour faire peser la balance en faveur de la Ville rose. La ministre, estime l’avocat, est « personnellement, directement et indirectement, intéressée par les enjeux territoriaux, politiques et électoraux toulousains ».

Nicole Belloubet a été pendant cinq ans rectrice de l’Académie de Toulouse au début des années 2000 et a également été première vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées avant son arrivée au gouvernement, mais aussi première adjointe de l’ancien maire de Toulouse Pierre Cohen. Comme l’explique le JDD, la ministre de la Justice a encore des attaches au sein de la vie politique toulousaine. Dans le cadre des municipales de mars prochain, elle a apporté son soutien au maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR), Emmanuel Macron ayant pris la décision de ne pas présenter de candidat LREM à Toulouse, comme le révélait Le Canard enchaîné il y a quelques semaines. Et ce, alors que la candidate socialiste Nadia Pellefigue est sa propre belle-fille. Selon le JDD, Nicole Belloubet lorgnerait les élections régionales de 2021.

Un choix sur fond d’accord électoral ?

Mais c’est surtout la négociation entre le maire sortant et le parti de la majorité que suspecte la ville de Montpellier. Celle-ci déclare que Jean-Luc Moudenc aurait fait la demande de l’implantation de la cour administrative d’appel d’Occitanie auprès de la garde des Sceaux et que son choix aurait été reporté tant que l’accord entre le maire et LREM n’était pas conclu. L’argument utilisé par Nicole Belloubet pour justifier son choix ne tient pas non plus, selon Montpellier.

Alors que la ministre explique avoir privilégié la Ville rose pour des raisons de coût (5,3 millions d’euros pour Toulouse contre 7,5 millions pour Montpellier), la ville accusatrice déclare que, lors de la constitution du dossier de candidature, jamais la question financière n’a été abordée dans ses échanges avec l’État. La ville de Montpellier déplore également n’avoir jamais pu consulter le rapport qui parvenait à ces chiffres. D’autant que Vitam Ingénierie, société toulousaine qui a pris part à l’étude du dossier et qui revendique que la ville de Toulouse fait partie de ses plus gros clients, annonce un coût d’implantation pour celle-ci estimé entre 8 et 8,5 millions d’euros.

Source : Le Point

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