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Stanislas Guerini, délégué général de La République en Marche (illustration) // NurPhoto via Getty Images

Dans ses rares bastions, le parti présidentiel est bousculé. Ailleurs, il peine à s’implanter et enregistre même par endroit des scores humiliants.

Si le parti présidentiel nourrissait des ambitions modestes, les résultats du premier tour des élections municipales de ce dimanche 15 mars confirment les difficultés d’implantation de LREM.

Dans plusieurs villes, la formation macroniste est bousculée là où elle aurait dû être favorite, devancée là où elle espérait créer la surprise et parfois même humiliée dans les bastions de ses adversaires.

Certains gadins sont d’ailleurs spectaculaires: à Limoges, Monique Boulestin arrive en quatrième position avec 7,9% des voix. A Toulon, la députée Cécile Muschotti recueille environ 7% des suffrages; à Arles, la députée Monica Michel arrive en cinquième position avec 5%. A Montpellier, Patrick Vignal est autour de 6%, alors qu’à Reims, Gérard Chemla obtient 3,29% des suffrages.

Lyon et Paris, villes de divisions

Symbole des déconvenues du parti présidentiel, miné par les divisions, la ville de Lyon, fief du macroniste Gérard Collomb, a vu la liste écologiste arriver en tête. Selon des estimations encore provisoires dimanche soir, l’écologiste Grégory Doucet, un novice en politique, arrive en tête dans la capitale des gaules (avec 28,3% des voix) devant Etienne Blanc (LR, 16,5%) et le candidat de Gérard Collomb, Yann Cucherat (LREM, 14,8%), relégué à la troisième place.

L’actuel premier adjoint de Collomb, en rupture avec le maire, Georges Képénékian, arrive en quatrième position avec 12,5%. Ce dernier s’est rallié à David Kimelfeld, l’ex-dauphin de Collomb à la métropole devenu son adversaire pour l’élection métropolitaine, dont le premier tour s’est tenu en même temps que les municipales. “Une erreur a été commise et il convient de la réparer”, a admis le maire sortant de Lyon Gérard Collomb, mettant cette déroute sur le compte des divisions. Problème: l’absence de second tour pourrait empêcher le parti macroniste l’occasion de se rattraper.

Le bilan n’est guère plus glorieux dans la capitale où la candidate d’Emmanuel Macron, Agnès Buzyn, n’a pas réussi à faire mentir les sondages. Non seulement l’ancienne ministre ne se classe que troisième, plombée par la candidature dissidente de Cédric Villani, mais elle est distancée de plus de 12 points par la maire sortante socialiste Anne Hidalgo.

À peine mieux que Poutou à Bordeaux

Ailleurs, les Marcheurs ne disposent que peu de branches auxquelles se raccrocher. À Strasbourg, Alain Fontanel, longtemps considéré comme le grand favori, est devancé de 8 points par la candidate écologiste Jeanne Barseghian (EELV).

À Bordeaux, où LREM avait décidé de ne pas soutenir le dauphin d’Alain Juppé, le candidat LREM Thomas Cazenave recueille 12,69% des voix, soit à peine mieux que la liste “anticapitaliste” menée par Philippe Poutou (NPA, 11,77%).

À Besançon, Éric Alauzet est troisième, loin derrière EELV, mais aussi LR, avec moins de 20%. À Lille, Violette Spillebout arrive également en troisième position, avec environ 18%.

Enfin, même chez les sortants qu’ils ont soutenus, LREM accuse des déconvenues: à Nancy, le maire Laurent Hénart est en ballottage défavorable. Et à Biarritz, le sortant MoDem Michel Veunac arrive en… cinquième position avec moins de 13%.

De rares satisfactions chez les Marcheurs de droite

Au fond, les rares consolations sont à aller chercher chez les Marcheurs de droite. Les membres du gouvernement Gérald Darmanin à Tourcoing (Nord) ou Franck Riester à Coulommiers (Seine-et-Marne) sont tous deux réélus au premier tour.

À Angers, le sortant Christophe Béchu – ex-LR, soutenu par LREM dont il n’est pas adhérent – a facilement été réélu avec environ 55%. Peut-être la meilleure performance de la soirée: à Saint-Dié-des-Vosges, le sortant David Valence, lui-aussi soutenu par les marcheurs, a été réélu à près de 72%. Et le maire de Nevers, Denis Thuriot, dûment encarté LREM, a été réélu à 51%.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, qui n’appartient pas à LREM mais qui en a reçu le “soutien”, est pour sa part en ballottage au Havre, avec 43% des suffrages recueillis, 9 points de plus que son adversaire PCF. Mais même pour lui, le second tour s’annonce incertain, en raison d’un faible réservoir de voix pour le chef du gouvernement.

Finalement, un hypothétique report du second tour des élections municipales pourrait s’avérer plutôt réconfortant pour la majorité présidentielle.

Source : Huffingtonpost

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