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D’après le « JDD », un des défenseurs de l’ancien président socialiste était très présent auprès de l’intermédiaire lors des révélations du « financement libyen ».

 

L’affaire du prétendu financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, au point mort après huit ans de recherches, devient de plus en plus énigmatique. Et ce n’est pas les nouvelles révélations du Journal du dimanche qui vont l’éclaircir. Selon l’hebdomadaire, Gilles Beres, un des avocats personnels de François Hollande, fréquentait l’intermédiaire Ziad Takieddine en 2012, lors des révélations de Mediapart, au moment du face-à-face entre le socialiste et le président sortant entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Dès l’été 2011, Gilles Beres dispensait notamment des conseils à l’homme d’affaires libanais, sans apparaître officiellement devant la justice. Une information qui renforce un peu plus la thèse de la machination, après les dernières révélations du JDD de juillet dernier qui rapportaient le témoignage d’un ancien proche de Takieddine démontant les accusations de celui-ci à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Cet ancien collaborateur, El-Mahfoud Ladib, a notamment affirmé sous serment avoir rencontré l’avocat de François Hollande au domicile parisien de Takieddine, malgré le fait qu’il ne le « représentait dans aucune affaire ».

Des rencontres régulières

Difficile toutefois de connaître les raisons d’une telle proximité entre l’intermédiaire libanais et le proche de François Hollande. Comme le rappelle le JDD, l’avocat est décédé à 49 ans le 24 décembre 2019 sans avoir pu être entendu par les enquêteurs. Les circonstances de sa mort sont d’ailleurs assez floues – les résultats de son autopsie ne sont pas encore connus. Dans un entretien avec l’hebdomadaire en octobre dernier, Gilles Beres confiait que Ziad Takieddine était intéressé par sa « proximité avec François Hollande ».

Il aurait en effet vu l’homme d’affaires pas moins d’une « centaine de fois ». « Il me racontait sa vie, demandait des conseils sur sa stratégie. (…) Il était obsessionnel, il parlait sans arrêt des saisies que la justice avait ordonnées sur ses biens, il voulait dégommer le juge, saisir la Cour européenne des droits de l’homme », affirmait le défenseur. Ce dernier lui prodiguait des « conseils » et des « recommandations ». Mais de quelle nature et pour quelles raisons ? L’avocat avait préféré éluder la question.

Interrogé par le JDD, André Vallini, membre du PS et aspirant au poste de ministre de la Justice en 2012, a confirmé que Takieddine « gravitait autour de la campagne » de François Hollande. Pour Gilles Beres, « Takieddine avait eu l’impression d’être lâché par la droite, par Sarkozy », et il « voulait se venger ».

Hollande pas au courant des relations de son avocat avec l’intermédiaire

Plusieurs témoins proches de Ziad Takieddine ont par ailleurs confirmé au JDD la présence de l’avocat de l’ancien président socialiste durant la période qui a suivi la publication du « document libyen » par Mediapart. Il est notamment évoqué « de nombreux tête-à-tête, dont ils (NDLR : Bérès et Takieddine) ressortaient l’air mystérieux ».

Contacté lui aussi par le JDD, François Hollande a réagi aux révélations de l’hebdomadaire en affirmant qu’il n’a « jamais reçu la moindre confidence » de son avocat sur ses relations avec l’homme d’affaires libyen. « C’était un militant socialiste, engagé dans les campagnes ; il a dû participer à des réunions, à des groupes de travail. Je ne savais pas qu’il connaissait Takieddine ni ce qu’ils se disaient. Il aurait pu, car Sarkozy était l’adversaire, mais il ne l’a pas fait », confie l’ex-chef de l’État.

Source : Le Point

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