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Candidat communiste à l'élection présidentielle du mois d'avril, Fabien Roussel est visé par une enquête pour des soupçons d'emploi fictif (photo prise le 1er mars à Paris).//Chesnot / Getty Images

Un article de « Mediapart » accuse le candidat communiste à l’élection présidentielle d’avoir été rémunéré sans avoir réellement exercé le rôle d’assistant parlementaire de Jean-Jacques Candelier.

L’affaire prend un tour judiciaire. Ce vendredi 11 mars, une source proche du dossier apprend à l’AFP que Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle du mois d’avril est désormais visé par une enquête pour des soupçons d’emploi fictif.

“J’apprends par voie de presse que la justice a ouvert une enquête relative à mon travail d’assistant parlementaire. Je n’ai, pour ma part, reçu aucune information”, a réagi auprès de l’AFP Fabien Roussel“Si tel était le cas, je me tiendrais naturellement à la disposition de la justice, comme tout citoyen”, a-t-il ajouté.

Fin février, Mediapart a accusé le député du Nord d’avoir été rémunéré entre 2009 et 2014 en tant qu’assistant parlementaire de Jean-Jacques Candelier sans avoir réellement produit de travail. Et cela pour 3.000 euros mensuels. L’intéressé s’est engagé à fournir les preuves de son labeur. Il assure en outre que s’il ne l’a pas encore fait, c’est uniquement parce qu’on lui demande des SMS et des emails vieux d’une dizaine d’années et qui ne sont plus en sa possession.

De la période incriminée dans une longue enquête du journal en ligne, ni le député qui rémunérait Fabien Roussel, ni le candidat à la présidentielle n’ont été capables d’apporter les preuves matérielles d’un travail parlementaire. Or à ce moment-là, Fabien Roussel était payé par l’Assemblée nationale et travaillait en même temps pour le Parti communiste.

“J’ai les documents (…) et je les montrerai”

D’après l’Agence France presse, l’enquête pour “détournement de fonds publics et recel de ce délit” a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) par le Parquet national financier (PNF).

Pour sa défense, Fabien Roussel a assuré à Mediapart qu’il avait pourtant tenu un “rôle très politique” au service de son député, se montrant très évasif quant au contenu de ce que cette mission pouvait signifier.

“J’irriguais ses travaux, ses discours, ses questions au gouvernement de mon travail avec les acteurs sociaux et politiques du département et de sa circonscription. Je me déplaçais sur les lieux de lutte, rencontrais les militants politiques, syndicaux, associatifs et les salariés afin de nourrir l’action et l’ancrage de terrain de mon député”, précisait-il dans l’enquête, tout en assurant que son travail pour le PC était accompli de manière “bénévole”.

Au lendemain de la parution de l’article, au micro d’Europe 1, il a ajouté: “J’ai les documents du travail que j’ai fait avec lui”, sur des conflits dans le Douaisis notamment, et “je les montrerai”. Fabien Roussel évoque notamment une participation importante aux questions écrites, aux discours et plus largement aux “combats” menés par son député d’alors.

“Je dis que j’ai travaillé pendant ces cinq années avec Jean-Jacques Candelier, avec les collègues que j’avais auprès de lui. Jean-Jacques comme eux, pourront témoigner du travail que nous avons fait ensemble”, continuait-il au micro de la radio.

Quant à Jean-Jacques Candelier, il a réagi dans un communiqué publié dans la foulée de l’enquête de Mediapart. L’ancien député de Cambrais s’y est dit “surpris et indigné” par les assertions du journal. Fabien Roussel ”était un collaborateur précieux et efficace, sur le terrain, constamment en relation avec de nombreux acteurs syndicaux, des élus, des habitants”, affirme-t-il, vantant encore “une connaissance très fine de la situation économique et sociale” et “des liens étroits avec de nombreux acteurs du territoire”.

Source : Huffingtonpost

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