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Le ministère de la Santé fait chaque soir un point sur l’évolution de l’épidémie dans le pays. Des données qui proviennent d’une centaine d’hôpitaux habilités à dépister et soigner le coronavirus.

« Nous sommes au tout début de cette épidémie. » A l’occasion d’un passage au centre d’appel du Samu de l’hôpital Necker, à Paris, le président de la République, Emmanuel Macron, a prévenu, mardi 10 mars : avec 1 784 cas de contamination et 33 morts recensés mardi soir, le coronavirus continue de progresser fortement en France. Mais d’où viennent les chiffres rendus publics ? Toutes les personnes contaminées sont-elles comptabilisées ? Pourquoi certains chiffres ne sont-ils pas communiqués ? Franceinfo tente d’y voir plus clair sur un processus parfois difficile à comprendre.

D’où viennent les données ?

Toutes les informations viennent des 108 établissements hospitaliers habilités à dépister et soigner le coronavirus. Ces hôpitaux de référence actualisent des bases de données consultables par les agences régionales de santé (ARS), le ministère de la Santé, qui fait un point presse chaque soir, et par Santé publique France. L’agence nationale de santé publique indique ainsi en continu sur son site les chiffres officiels, à partir d’un bilan effectué quotidiennement à heure fixe (15 heures ou 16 heures).

Quelles sont celles qui sont communiquées ?

Trois données sont communiquées chaque jour à la presse et au grand public : le nombre de dépistages de cas positifs, le nombre de cas jugés graves et le nombre de morts. Ces trois chiffres sont actualisés en permanence sur les bases de données du réseau de santé. « A la minute, nous voyons sur notre écran qu’une personne est dépistée positive. Nous n’avons pas son identité, car cette donnée est protégée. Mais nous avons le lieu de prise en charge et le médecin référent », a expliqué mardi l’ARS d’Ile-de-France à franceinfo.

Pourquoi y a-t-il eu un cafouillage sur le nombre de morts lundi soir ?

Le cafouillage entre le nombre de morts rendu public lundi soir par le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, et celui communiqué par Santé publique France un peu plus tôt a soulevé des interrogations. Le premier faisait état de 25 morts, la seconde de 30 morts. « Il y a eu un décalage entre le moment où on a préparé l’intervention [de Jérôme Salomon] et les dernières données [communiquées par l’agence], a indiqué le ministère de la Santé à franceinfo, mais nos sources sont bien les mêmes que Santé publique France. Il n’y a pas deux filières pour la remontée des informations. »

Une précision sur le nombre de morts : il inclut toutes les personnes atteintes par le Covid-19, y compris celles qui souffraient d’autres pathologies graves. Cette comorbidité (association de plusieurs maladies) est responsable de la majorité des décès.

Pourquoi les chiffres des guérisons ne sont-ils pas rendus publics ?

Les statistiques autour des guérisons des personnes qui ont été dépistées sont connues des autorités de santé, mais elles ne sont plus communiquées pour l’instant, faute de recul nécessaire, explique l’ARS d’Ile-de-France. Ces chiffres seront bien communiqués, lorsqu’ils auront été convenablement exploités, a assuré mardi soir Jérôme Salomon lors de son point presse.

Toutes les personnes atteintes du virus sont-elles comptabilisées ?

Non, parce que le nombre de personnes touchées par le coronavirus n’est pas connu. Beaucoup ne présentent pas de symptômes. Ensuite, parmi celles qui estiment avoir les signes de la maladie et appellent le 15, toutes ne sont pas dépistées. « Il y a entre 300 et 500 appels par jour en Ile-de-France », précise l’ARS. Un tri s’opère à ce moment-là : « Si le patient qui appelle manifeste de vrais symptômes, le Samu le prend en charge et l’amène en cellule de dépistage. » Les autres sont invités à consulter un médecin ou le numéro d’information mis en place sur le coronavirus.

Un second tri s’effectue ensuite entre les patients dépistés positifs : « S’ils ont effectivement le coronavirus, soit ils sont hospitalisés, si c’est nécessaire, soit ils sont confinés chez eux avec le kit nécessaire, qui comprend notamment des masques et du gel hydroalcoolique. Dans la majorité des cas, ils se soignent donc à leur domicile », explique encore l’Agence régionale de santé.

Source : France TV Info

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