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Les laboratoires Servier vont profiter de millions d’euros d’argent public dans le cadre du plan « France relance ». Une décision du ministère de l’Economie qui irrite les victimes du Médiator, le médicament fabriqué par l’entreprise pendant 33 ans et pour lequel elle a été condamnée pour « homicides et blessures involontaires ».

Des centaines de millions d’euros, c’est ce que promet le plan gouvernemental « France Relance », le plan de relance post-Covid-19, à 128 entreprises du domaine de la santé. Parmi les heureux bénéficiaires, les laboratoires Servier, à l’origine du scandale du Médiator, ce médicament responsable de la mort de près de 2.000 personnes.

« L’entreprise Servier a été condamnée en mars 2021 pour ‘homicides et blessures involontaires’ pour avoir commercialisé pendant 23 ans un médicament qui était un poison, et en toute connaissance de cause », rappelle ce mercredi sur RMC Irène Frachon, la lanceuse d’alerte à l’origine du scandale Servier.

« Les victimes découvrent avec effarement que Servier vient de bénéficier d’une subvention gouvernementale du ministère de l’Economie », déplore-t-elle.

« On ne peut que comprendre la défiance des Français à l’égard de l’industrie pharmaceutique »

« C’est totalement ahurissant de voir que l’Etat continue de manière non-éthique de soutenir une industrie pharmaceutique délinquante. On ne peut que comprendre la défiance des Français à l’égard de l’industrie pharmaceutique et des messages gouvernementaux du gouvernement appelant à la vaccination quand l’Etat soutien une industrie responsable de la mort de milliers de nos concitoyens ».Ironie du sort, c’est l’usine de Gidy dans le Loiret, qui pourrait profiter de ces subventions, celle-là même où a été fabriqué le Mediator pendant 33 ans: « Ce qui est pire encore c’est que Servier a entamé une action en justice pour récupérer auprès de l’Etat 30% des indemnités payées aux victimes du Mediator. L’Etat finance un industriel qui s’est attaqué à ses concitoyens et qui l’attaque lui-même pour récupérer encore plus d’argent, qui nie sa responsabilité et actuellement licencie à Gidy », ajoute-t-elle.

L’exécutif compte sur son plan de relance pour « moderniser, relocaliser et décarboner » l’activité de 128 entreprises pharmaceutiques et mise sur la création de 8.000 emplois en France.

Guillaume Dussourt

Source : RMC Story

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