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Le Réseau Sentinelles a recensé 352.000 nouvelles contaminations par le virus de la grippe au cours de la dernière semaine. — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

L’épidémie de grippe qui sévit actuellement ne devrait pas tarder à atteindre son pic

– Toutes les régions de France sont actuellement touchées par le virus de la grippe.
– Pas moins de 352.000 nouvelles contaminations ont été recensées par le Réseau Sentinelles au cours de la dernière semaine.
– Parmi les personnes grippées cette année, les médecins retrouvent des patients qu’ils avaient pourtant vaccinés contre le virus il y a quelques semaines.

Des médecins généralistes pris d’assaut. Des services d’urgence saturés. Ça y est, la grippe est bien installée sur le territoire et ne cesse de gagner du terrain, avec pas moins de 352.000 nouvelles contaminations au cours de la dernière semaine, selon les chiffres du Réseau Sentinelles. Si jusque-là, tout semble correspondre à la traditionnelle saison du virus, qui sévit chaque année au cœur de l’hiver, la grippe a cette année la particularité de toucher de nombreuses personnes qui avaient pourtant été vaccinées. Et en pleine période de vacances scolaires, le virus pourrait encore progresser.

Vaccinés mais grippés

Avec un vaccin disponible depuis le mois d’octobre, nombreux sont ceux qui se sont fait vacciner pour se protéger du virus. Mais cette année, une proportion non négligeable de personnes vaccinées a tout de même contracté le virus de la grippe. « Le vaccin contient plusieurs virus inactivés de la grippe, et s’agissant du H1N1, l’une des souches en circulation, le vaccin est efficace jusqu’à 70 %, explique Vincent Enouf, virologue et directeur adjoint du Centre National de référence de la grippe (CNR) à l’Institut Pasteur. En revanche, pour la souche H3N2, également en circulation, l’efficacité du vaccin ne serait que d’environ 20 % ». Un taux de protection assez faible contre cette souche, mais « le vaccin permet également de protéger les vaccinés contre deux virus de la grippe de type B, qui avaient sévi l’année dernière », précise le virologue.

Aujourd’hui, toutes les régions sont touchées par la grippe, et cabinets de médecins généralistes et services d’urgences sont saturés de patients présentant de symptômes grippaux. Mais « le pic de l’épidémie n’a vraisemblablement pas encore été atteint, souligne le Dr Luc Duquesnel, médecin généraliste et président des Généralistes-CSMF ( Confédération des syndicats médicaux français). La difficulté aujourd’hui est que nous avons des patients grippés qui s’étaient pourtant fait vacciner et par ailleurs, on est en période de vacances scolaires, ce qui signifie qu’il va y avoir des flux de patients grippés, donc encore de nombreuses contaminations à venir ».

Mais les médecins généralistes se sont préparés pour gérer l’épidémie et faire face au pic de consultations qui l’accompagne. « Depuis un peu plus de deux semaines, la grippe génère un important surcroît d’activité, observe le médecin. Depuis une dizaine de jours, nos secrétaires chargées de prendre les demandes de consultations donnent le moins de rendez-vous possible pour des renouvellements de traitement. Il s’agit là d’éviter que des patients atteints de pathologies chroniques mais qui ne sont pas malades et n’ont pas contracté la grippe ne se retrouvent dans les salles d’attente de nos cabinets au contact de patients grippés qui pourraient les contaminer. Cela permet d’une part de les protéger du virus, et d’autre part de dégager des créneaux de rendez-vous pour recevoir en urgence des patients grippés. »

Des mesures « barrières » pour éviter la propagation du virus

Aujourd’hui, le mot d’ordre est donc d’éviter la propagation du virus. Comment ? A priori pas en allant se faire prescrire le vaccin en catastrophe. « Il est trop tard pour se faire vacciner, indique Vincent Enouf, du CNR. La question peut toutefois se poser au cas par cas pour les personnes à risques à l’instar des personnes âgées, des femmes enceintes, ou de patients souffrant de maladies cardiovasculaires ou d’obésité morbide. Mais si on se fait vacciner maintenant, il faut veiller à ne pas contracter le virus dans les quinze jours suivant le vaccin, sinon l’organisme doit à la fois gérer sa réaction aux virus inactivés inoculés par l’injection tout en luttant contre l’infection », précise le virologue. A priori, « les séniors les plus fragiles ont été vaccinés très tôt, et pour l’heure, il semblerait que les personnes âgées soient moins touchées par le virus, et nous n’avons pas recensé d’épidémies de grippe dans des Ehpad », indique le Dr Duquesnel, qui souligne « l’importance de la vaccination des professionnels de santé ».

Pour tenir le virus à bonne distance, « il faut favoriser les mesures barrières », insistent de concert le virologue Vincent Enouf et le Dr Duquesnel. « Il faut adopter les bons gestes : se laver les mains régulièrement avec du savon, utiliser des mouchoirs à usage unique, éternuer ou tousser dans un mouchoir jetable ou dans son coude, éviter les lieux trop clos et aérer chez soi quotidiennement pour renouveler l’air, préconise le virologue. Et si l’on est malade, le mieux est de porter un masque pour éviter de contaminer son entourage, même si en France, cette pratique est loin d’être un réflexe, elle fait pourtant ses preuves ». Enfin, « si votre enfant est malade, ne l’envoyez pas à l’école, et si c’est vous qui avez la grippe, n’allez pas au travail », prescrit le Dr Luc Duquesnel pour éviter la contagion.

Selon Santé publique France, la grippe a déjà fait plus de 1.100 morts cette année et l’année dernière en France, le virus a fait entre 10.000 et 13.000 morts.

Source : 20minutes.fr

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