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L'affaire des essais cliniques clandestins du Professeur Joyeux (ici en 2017) prend un tour judiciaire - Getty Images

L’affaire des essais cliniques clandestins du Professeur Joyeux devient judiciaire

Une enquête est ouverte notamment pour « tromperie » après ces essais pratiqués dans une abbaye près de Poitiers sur au moins 350 malades de Parkinson et Alzheimer.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert ce vendredi 27 septembre au matin une information judiciaire notamment pour “tromperie” concernant les essais cliniques “sauvages” pratiqués dans une abbaye près de Poitiers sur au moins 350 malades de Parkinson et Alzheimer.

Deux juges d’instruction ont été saisis pour mener les investigations dans le cadre de cette enquête ouverte après analyse des éléments transmis au pôle santé publique du parquet de Paris par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

L’ANSM avait découvert cet essai illégal grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire où les prises de sang étaient envoyées pour analyse.

Des patchs à l’effet inconnu

Dénoncée comme un “scandale” par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, l’expérimentation était menée par une structure baptisée Fonds Josefa dont le vice-président, le Pr Henri Joyeux, est contesté par la communauté médicale en France notamment à cause de ses positions anti-vaccins.

Elle consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l’espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…).

Selon l’ANSM, ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir mais déconseillée à certaines populations en raison d’effets secondaires.

L’information judiciaire a été ouverte pour “recherche interventionnelle impliquant une personne humaine (non justifiée par sa prise en charge habituelle sans l’obtention de l’avis du comité de protection des personnes et de l’autorisation de l’ANSM, sans consentement conforme, sans souscription préalable d’une assurance)”, “abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne vulnérable”, “tromperie sur la nature, la qualité substantielle ou l’origine d’une prestation de services”, “exercice illégal de la profession de pharmacien”, “ouverture d’un établissement pharmaceutique sans autorisation” et “recherche impliquant une personne humaine malgré son interdiction ou sa suspension administrative”, a précisé le parquet de Paris.

Source : Huffingtonpost

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